
Chapitre 1 Children on the move – Les enfants migrants
Chapitre 2 La participation des enfants et des jeunes
Chapitre 3 Familles en crise : Parentalité et droits de l’enfant
Chapitre 4 C’est normal d’être différent : Les enfants à besoins spécifiques
Chapitre 5 Les Droits de l’Enfant et les enfants en situation transfrontalière et internationale
Chapitre 6 La santé mentale des enfants et des jeunes
Chapitre 7 La mise en œuvre des droits de l'enfant régulièrement contrôlée
Chapitre 8 Autres recommandations à retenir
Toutes les thématiques abordées dans le présent chapitre représentent pour l’OKaJu des « chantiers ouverts ». Ces thématiques nécessiteront l’attention de l’OKaJu pendant les années à venir afin de veiller à ce que le Gouvernement les porte à bonne fin.
COVID19
[1]La loi du 16 décembre 2008 relative à l’aide à l’enfance et à la famille, article premier.
[2]La CNI remplace depuis 2018 la Commission médico-psycho-pédagogique nationale (CMPPN). Loi du 20 juillet 2018 portant création de Centres de compétences en psycho-pédagogie spécialisée en faveur de l’inclusion scolaire.
[3]Voir:Report on the living conditions of beneficiaries of international protection in Greece – Protection on paper, not in practice, Passerell, novembre 2020.
L’intérêt de l’enfant exige que son évolution psychique soit la plus harmonieuse possible. Élever et éduquer d’un enfant au sein d’une famille ne peut se faire de manière harmonieuse que dans une famille ou un ménage où l’enfant est le bienvenu. On peut difficilement imaginer qu’on imposerait à une épouse, sans avoir son accord, de s’occuper d’un enfant que son mari aurait eu avec une autre femme. Faut-il pour autant aujourd’hui encore une telle disposition du Code civil ? D’autant plus qu’elle se réfère toujours à la terminologie révolue de « enfant naturel et enfant légitime » qui en principe n’a plus lieu d’être.
L’ORK est d’accord avec la disposition du Code civil qui tranche clairement entre deux enjeux : d’un côté, le droit de l’enfant à connaître, revendiquer et prouver ses origines et sa filiation. De l’autre côté, le droit de l’enfant de ne pas être exposé et condamné à assumer une filiation hautement problématique, par exemple, un cas où le père et le grand-père sont la même personne.
Deux principes fondamentaux entrent en conflit en matière d’interruption volontaire de grossesse : la protection de l’embryon et la liberté de la femme. Lors de la ratification de la CIDE et encore aujourd’hui, on estime que la loi relative à l’IVG concilie les deux intérêts antagonistes en admettant une atteinte au principe du respect de l’être humain dès le commencement de sa vie, mais selon des conditions strictement définies.
Par la création d’un organisme indépendant recueillant les informations personnelles des mères et des enfants, un équilibre entre les intérêts et droits en conflit peut être donné.
Il est clair que le rôle de cet organisme est le plus délicat : rechercher la mère biologique et recueillir son consentement si l’enfant demande à connaître ses origines. L’organisme devra agir dans le respect de la vie privée de la mère de naissance, dans la discrétion, assurer l’accompagnement des uns et des autres et proposer une médiation afin de rechercher un accord entre les intéressés. Retenons qu’en France, 39 % des parents de naissance contactés par le Cnaop ont accepté de lever le secret de leur identité.
L’ORK considère qu’un dossier contenant un maximum d'informations devra toujours être constitué au moment de la naissance et être accessible, à leur demande, aux enfants nés sous X et/ou aux enfants adoptés. En France le dispositif dit que la demande de consultation ne peut se faire qu’à la majorité de l’enfant. On peut se poser la question si pour le bon développement de l’enfant, celui-ci ne devrait pas pouvoir accéder plus tôt à des informations.
Selon l’ORK, s’il est vrai que les mineurs seuls ne peuvent pas se constituer en "association" ayant une personnalité juridique, cette disposition ne leur interdit cependant pas de devenir membres d'une association, ni de former une association de fait (= simple groupement de personnes qui n'a pas personnalité civile). Dans ce sens, la réserve pourrait être levée.
L’ORK regrette que le législateur ne semble toujours pas avoir compris la mesure de l’envergure et de la portée de la CIDE que ce soit au niveau de ses principes de base, au niveau de sa valeur juridique et au niveau de ses champs d’application qui peuvent concerner des domaines très divers de la société.
L’ORK recommande au Gouvernement de charger le service national pour la coordination et la concertation interministérielle des droits de l’enfant de veiller à ce que l’impact sur les droits de l’enfant fasse l’objet d’une analyse pour tous les projets de loi qui, de façon directe ou indirecte, concernent la vie des enfants.
L’ORK a toujours plaidé pour que les droits de l’enfant tels qu’ils sont inscrits dans la CIDE soient placés dans la section « Des droits fondamentaux » et non pas relégués à la section «Des objectifs à valeur constitutionnelle ». En effet, ce positionnement relativise fortement l’importance et la portée juridique des droits de l’enfant.
L’ORK critique en plus le fait que le placement des droits de l’enfant dans un article qui traite dans son premier alinéa du droit de fonder une famille et du respect de la vie familiale, suggère que le champs d’application des droits de l’enfant se réduirait au seul cercle familial, alors qu’il est clair que les droit de l’enfant, tel qu’ils sont codifiés dans la Convention s’appliquent à tous les domaines et à tous les niveaux de la société.
Etant donné que l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale pour toute décision concernant un enfant et pas seulement dans un cadre familial, l’ORK recommande de consacrer plus de valeur à l’intérêt supérieur de l’enfant, en l’inscrivant de manière plus étendue et explicite dans un article séparé, précédant l’article sur le droit au respect de la vie familiale.
L’ORK plaide pour adopter la formulation exacte de la CIDE relative à l’Intérêt Supérieur de l’Enfant et non pas uniquement Intérêt de l’Enfant : « Dans toute décision qui le concerne, l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale. »
Par ailleurs, l’alinéa sur le droit de fonder une famille est centré sur le droit des adultes d’avoir une famille, alors que le droit de l’enfant de grandir dans un cadre familial devrait être central et séparé afin de devenir visible.
Ceci étant dit, l’ORK salue le fait que, suite à la participation citoyenne de juillet 2016, le texte fait enfin référence aux trois dimensions de la CIDE, qui sont la protection, la participation ainsi que la mise en place de mesures d’aide et de soutien au bon développement et au bien-être de l’enfant.
L’ORK regrette que, 30 ans après l’adoption de la CIDE et plus de 25 ans après la ratification du Luxembourg de la Convention, aucune stratégie pour les droits de l’enfant n’ait vu le jour. L’ORK recommande fortement l’élaboration et l’adoption d’une telle stratégie pour assurer un cadre solide et cohérent en matière des droits de l’enfant dans le pays. Une telle stratégie devrait être élaborée dans le cadre d'un processus de consultation nationale, notamment avec l’inclusion des enfants et des jeunes. La stratégie devrait fournir le cadre général pour tout travail sur les droits de l’enfant au niveau national et local. Toute éventuelle Plan d’Action National concernant une thématique spécifique liée aux droits de l’enfant devrait s’inscrire sous l’égide de la stratégie nationale.
L’ORK recommande également au Gouvernement de charger le service national pour la coordination et la concertation interministérielle des droits de l’enfant de veiller à ce que l’impact sur les droits de l’enfant fasse l’objet d’une analyse pour tous les projets de loi qui, de façon directe ou indirecte, concerne la vie des enfants.
L’ORK regrette que le Gouvernement n’ait pas pris au sérieux les recommandations du Comité des droits de l’enfant. Selon l’ORK, un mécanisme de collecte de données national, avec des instructions claires sur quelles données doivent être récoltées et comment elles doivent être ventilées, est indispensable pour garantir la mise en œuvre des droits de l’enfant au long terme. Sans un tel mécanisme, des enfants continuent à passer inaperçus à travers le filet de protection sans que l’on sache où sont les trous du filet et quels enfants y passent. Sans les données pertinentes, il paraît en effet impossible d’ajuster les mesures de protection et les rendre plus efficaces et appropriées aux vrais problèmes.
La loi du 27 juin 2018 instituant le juge aux affaires familiales, portant réforme du divorce et de l’autorité parentale est entrée en vigueur le 1 novembre 2018 et a enfin supprimé la discrimination relative à l’autorité parentale des enfants de parents non mariés.
La loi sur l’institution du juge aux affaires familiales, sur le divorce et l’autorité parentale a mis plusieurs décennies avant de pouvoir être votée. Mais la discrimination persiste en matière de filiation, étant donné que le Luxembourg n’a pas créé de cadre juridique en matière de procréation artificielle. L’ ‘ORK demande instamment au législateur de se donner les moyens de faire aboutir les projets de loi sur la filiation et le nom et prénom le plus rapidement possible, afin de donner aux enfants concernés une sécurité juridique.
L’ORK tient à rappeler que l’intérêt supérieur de l’enfant n’est nullement un concept abstrait utilisable à tout bout de champs, mais qu’il s’agit très concrètement de l’établir pour un enfant donné, dans uns situation donnée à un moment donné. “Chaque institution ou organe législatif, administratif ou judiciaire est tenu de se conformer au principe de l’intérêt supérieur de l’enfant en se demandant systématiquement comment les droits et les intérêts de l’enfant seront affectés par ses décisions et ses actes − par exemple, par une loi ou une politique proposée ou déjà en vigueur, une mesure administrative ou une décision judiciaire, y compris celles qui n’intéressent pas directement les enfants mais peuvent avoir des répercussions sur eux.”
Soulignons que le premier expert à consulter pour établir l’intérêt supérieur de l’enfant, sera en règle générale toujours l’enfant lui-même.
L’ORK recommande
a) Au Tribunal
b) Au Barreau:
c) Au Ministre de la justice
Le monde politique luxembourgeois a souvent une compréhension simple des droits de l’enfant et il n’a pas le réflexe de consulter ou impliquer les enfants et les jeunes dans l’élaboration des politiques et des lois. D’ailleurs le résultat du référendum sur le l’abaissement de l’âge pour le droit de vote à 16 ans peut suggérer que la société luxembourgeoise n’est pas très intéressée d’impliquer les jeunes dans le débat démocratique.
L’ORK est préoccupé par le fait que des enfants présents sur le territoire luxembourgeois, qu’ils soient mineurs non accompagnés ou en situation familiale, soient laissés pendant des mois, voire des années, dans une situation d’insécurité juridique, de précarité et, par conséquent, d’une grande vulnérabilité.
L’ORK rappelle avec force au Gouvernement les obligations établies par la CIDE, notamment le principe de non-discrimination (article 2), par lequel tous les enfants sur le territoire doivent bénéficier des mêmes droits, le droit à une identité et à une nationalité (article 7 et 8), et le droit des enfants réfugiés à la protection (article 22).
C. Libertés et droits civils (art. 7, 8 et 13 à 17)
Puisque la nouvelle loi sur le divorce, entrée en vigueur le 1 novembre 2018 ne fait plus de différence entre enfants naturels, issus de parents non mariés, et d’enfants légitimes, issus de parents mariés, l’ORK estime que la question posée par le Comité devient sans objet. Ce principe veille à que les enfants nés de parents non-mariés peuvent avoir la nationalité luxembourgeoise. Il suffit d’être parent.
L’ORK propose de mettre en place (à l’instar de la loi française no 2002-03 du 22 janvier 2002 relative à l’accès aux origines des personnes adoptées et pupilles de l’État, en vertu de laquelle a été créé le Conseil national pour l’accès aux origines personnelles - CNAOP) un mécanisme permettant de lever le secret de l’identité de la mère et facilitant à l’enfant la recherche des informations sur les origines. L’ORK verrait bien un système qui retient :
L’ORK propose la création d’un organe indépendant pour l’accès aux origines, sinon donner compétence à l’autorité centrale luxembourgeoise en matière d’adoptions internationales. Cet organe/institution déciderait sur la base de tous les éléments de fait et de droit si l’identité de la mère devrait être dévoilée. Parmi ces éléments, les plus importants concernent les motifs du refus de la mère, la motivation de l’enfant demandant la levée de l’anonymat ainsi que les intérêts d’autres membres de la famille qui désireraient maintenir un lien avec l’enfant (surtout l’intérêt du père souhaitant reconnaître son enfant).
Dans cette optique, le Luxembourg pourrait enfin retirer sa réserve n°4 concernant l’article 7 de la Convention relative aux droits des enfants de New York de 1989.
L’ORK a rappelé en son rapport 2018 qu’en cas de conflit entre les principes de l’Intérêt Supérieur de l’Enfant et celui de la protection des données, le premier doit prévaloir. Il ne faut pas perdre de vue l’objectif principal des activités et être conscient que pour garantir aux enfants le niveau de soins dont ils ont besoin, leurs données à caractère personnel doivent parfois être partagées par plusieurs acteurs.
L’ORK recommande aux Ministères concernés et à la CNPD d’élaborer un cadre de référence pour le secteur sous forme d’un guide pratique prenant en considération les questions de traitement et d’échange d’informations entre intervenants, tant sous l’angle de la déontologie, que sous l’angle du droit et des réglementations.
La campagne de sensibilisation contre le châtiment corporel permet de relancer publiquement le débat sur ce sujet. Toutefois, l’ORK estime que le message politique devrait être plus clair : Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises pratiques violentes. On ne peut pas concevoir un étalon de la violence; il faut tout interdire : les claques, les fessées, les gifles et les tapes ne doivent pas être banalisés.
Dans ce contexte, les services d’aides familiales peuvent aider les parents à trouver d’autres solutions éducatives fondées sur l’idée de parentalité positive. Il faut faire évoluer les attitudes et les pratiques de ces parents. Cela doit se faire dans le dialogue, mais dans un cadre juridique clair et cohérent.
Tant au niveau individuel qu’au niveau des mesures de sensibilisation, le personnel scolaire et les acteurs de l’éducation non-formelle peuvent être des relais précieux pour sensibiliser les parents à une parentalité positive.
L’ORK recommande d’adapter le Code pénal en fonction, et de mentionner les punitions corporelles à l’égard des enfants pouvant faire l’objet de sanctions pénales.
Il est important que toutes les institutions qui travaillent avec des enfants, y inclus les structures d’accueil, élaborent leur concept d’action général sur la base de la CIDE en tenant compte des trois piliers que sont le droit à la participation, le droit au bon développement et le droit à la protection. Le référentiel mentionné plus haut peut être un outil utile, surtout pour la partie dédiée à la prévention et à la protection contre toutes les formes de violence. Un guide sur les procédures de signalement ne remplit sa fonction que s’il s’inscrit dans une pratique professionnelle où tous les acteurs prennent leurs responsabilités concernant la prévention et la protection. Il est primordial que ces acteurs puissent bénéficier de formations spécialement dédiées à la prévention et la protection des enfants contre toutes les formes de violences.
L’ORK encourage les acteurs du monde sportif à tous les niveaux d’intégrer les droits de l’enfant dans leurs textes réglementaires et dans leur pratique de tous les jours, Le monde du sport a tout à gagner en adoptant une démarche proactive et positive concernant les droits de l’enfant, qui englobe une vraie politique de prévention et des Codes de conduites qui fixent des règles et des responsabilités claires.
La Charte des droits de l’enfant dans le sport pourra ensuite être adaptée à d’autres secteurs comme le monde de l’enseignement musical ou des mouvements de jeunesse.
L’ORK félicite la Ville de Luxembourg d’avoir mis en place, au sein du service de santé scolaire, une unité d’Intervention en cas de maltraitance ou d’abus sexuel. L’ORK recommande vivement d’élargir ce genre d’initiatives aux différents niveaux régionaux.
On ne parle plus d’enfants témoins de violence, mais de victime directe ou indirecte. On concède donc à l’enfant le statut de victime, qui reste malheureusement souvent sans suite quant à la protection de l’enfant.
Les services d’aide aux victimes traitent de situations qui paraissent complètement absurdes. Comme, par exemple, un cas où un père est expulsé de la maison pour cause de violence domestique contre la mère, et où les deux parents ont l’autorité parentale conjointe. Si l’enfant ne va pas bien, il risque de ne pas pouvoir être vu par un psychiatre au prétexte que le père n’a pas donné son accord et que la justice n’a pas (encore) décidé d’une mesure de protection.
De telles dérives devraient êtres analysées au regard d’une évaluation de l’intérêt supérieur de l’enfant (être protégé) face à l’intérêt du porteur de l’autorité parentale (rester en contact avec son enfant). Comme il s’agit d’une mesure d’urgence, délimitée dans le la durée, il n’est plus acceptable de privilégier l’intérêt de l’adulte par rapport aux besoins de l’enfant.
L’ORK partage la critique de la CCDH qui constate avec regret dans son avis sur la loi du 20 juillet 2018 portant approbation de la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique que ni le Plan d’action de mise en œuvre de la CRDPH du Gouvernement luxembourgeois , ni le Plan d’égalité des femmes et des hommes 2015-2018, ni la loi sous avis ne prévoient de mesures spécifiques pour les femmes handicapées qui sont victimes de violence domestique ou de toute autre forme de violence à l’égard des femmes couverte par le champ d’application de la Convention en matière de prévention, de détection, de protection, de soutien ou de prise en charge.
Concernant l’égalité des droits des personnes intersexes, l’ORK rappelle que l’objectif premier doit être le respect des droits à l’intégrité physique, à l’autodétermination et le principe du consentement libre et éclairé en matière de santé.
Dans ce contexte, la Commission Consultative des Droits de l’Homme et l’Ombuds-Comité fir d’Rechter vum Kand ont recommandé dans leurs avis respectifs sur le projet de loi no 7146 d’arrêter les traitements médicaux non vitaux sur des enfants intersexes en l’absence de leur consentement. Les deux institutions insistent également sur la formation des professionnels concernés ainsi que sur une sensibilisation du grand public sur les droits des personnes transgenres et intersexes.
L’ORK recommande de donner aux associations des personnes les moyens appropriés pour qu’elles puissent remplir leur missions de sensibilisation, de formation et d’accompagnement des personnes intersexes et transgenres.
L’ORK recommande de fournir des informations aux étrangers qui envisagent de se rendre au Luxembourg et qui appartiennent à des groupes vulnérables, y compris les employés domestiques et notamment ceux des foyers diplomatiques, dans une langue qu’ils comprennent, afin de les mettre en garde contre les risques de traite, de les renseigner sur les services auxquels ils peuvent s’adresser pour obtenir de l’aide et des conseils, ainsi que sur leurs droits.
L’ORK recommande d’assurer et de mettre en place des formations régulières destinées aux professionnels concernés et inciter par des campagnes de sensibilisation ciblées les différents acteurs à suivre ces formations.
La problématique de la traite des êtres humains pourrait également être abordée dans le milieu scolaire dans le cadre des cours communs d’éducation aux valeurs, et non pas seulement dans la lutte contre les stéréotypes et les violences sexuelles conformément au programme national de promotion de la santé sexuelle et affective.
L’ORK demande le renforcement des services de consultations thérapeutiques et éducatives. En effet l’ORK tient à rendre attentif à une problématique structurelle née directement de l’application de la nouvelle loi. La comparution des parties en instance de divorce devant le juge a l’avantage de détecter plus rapidement les couples conflictuels que le juge va orienter, dans le cadre de la procédure établie par la loi, vers un service de consultation et de médiation. Malheureusement, les services en place n’arrivent plus à répondre à la demande des juges aux affaires familiales, ce qui conduit à des délais d’attentes pouvant aller jusqu’à 6 mois. Cette situation structurelle est en contradiction avec l’esprit de la loi qui a comme objectif d’accélérer la procédure de divorce en cours. Si le personnel au niveau de la justice a été restructuré et renforcé, le Gouvernement n’a pas été conscient des conséquences pratiques de la loi sur les services des consultations et de médiation. Il appartient maintenant aux Ministères de tutelle des différents services concernés de trouver une solution en libérant les budgets nécessaires pour renforcer les services en place.
Au-delà de la médiation, qui doit permettre aux familles d’établir des arrangements concernant l’organisation pratique de la vie familiale, notamment des droits de garde et de visite, certaines familles ont besoin d’un accompagnement plus intensif pour gérer la séparation et pour installer une nouvelle vie au quotidien. Il ne s’agit pas nécessairement de mettre à disposition un endroit neutre type « Treffpunkt », mais plutôt de prévoir une sorte de coaching au domicile du parent.
L’autorité parentale conjointe, qui est de règle depuis l’année dernière, semble encourager certains parents à pratiquer l’obstruction systématique quand il s’agit de donner son accord envers un tiers pour la participation de l’enfant à une activité, pour consulter un psychiatre, pour faire établir un passeport. Ces parents, le plus souvent par méchanceté envers l’autre parent, font du tort à leur enfant, voir le mettent en danger. L’ORK demande à la justice de ne pas encourager de telles comportements parentaux irresponsables en ne prenant pas de mesure et en renvoyant les parents face à leur responsabilité commune. Sinon, ce sera toujours le parent de mauvaise foi qui triomphera et continuera à compliquer et envenimer le quotidien de son enfant.
L’ORK réitère vigoureusement sa recommandation concernant les locaux dédiées aux visites, tant au Centre pénitentiaire de Schrassig et qu’au nouveau Centre pénitentiaire d'Uerschterhaff. Ils doivent être aménagés de façon à assurer un cadre et une atmosphère respectueuse des besoins de l’enfant. Il faut notamment respecter sa vie privée et son besoin d’intimité familiale.
Par ailleurs, l’ORK recommande de prévoir un emplacement du « Service Treffpunkt » plus facilement accessible, respectivement de prévoir à terme trois antennes régionales, ce qui épargnerait aux parents des déplacements trop longs et chronophages.
Au vu des cas particuliers, dont l’ORK a eu connaissance dans le cadre de dossiers concernant des situations d’enfants placés en famille d’accueil, l’ORK est très dubitatif quant à la différence d’approche, de traitement, et de financement des deux « régimes » de familles d’accueil : la famille d’accueil ayant suivi la procédure d’agrément et la famille proche ayant suivi la procédure de dispense.
Quelle est la qualité de la prise en charge par la famille proche et comment peut-elle être constatée et vérifiée ? Les personnes de la famille proche ne suivent ni la procédure de sélection-préparation ni la formation de base, et elles ne sont pas tenues de participer à des séances de formation continue ou de supervision. Il y a donc moins de connaissances sur le fonctionnement de la famille et moins de possibilités de contrôle du côté des services d’accompagnement.
L’ORK est d’avis qu’il serait plus judicieux d’encourager les personnes qui accueillent les enfants de leurs proches de se former et de se qualifier. Pour les enfants concernés il est primordial que les grands-parents ou l’oncle et la tante puissent acquérir une meilleure connaissance de la dynamique familiale. La possibilité de s’ouvrir ainsi à des questionnements et d’avoir un soutien de professionnels et d’autres parents signifierait sans doute aussi une valorisation du travail social et éducatif de ces familles.
Pour ce qui est de la reconnaissance du travail des personnes de famille proche, il faut noter qu’elles ne touchent que la partie destinée à l’entretien de l’enfant placé, mais qu’elles sont exclues de la partie indemnité qu’on peut assimiler à un salaire.
L’ORK recommande de développer un nouveau concept de protection de l’enfance en créant un statut particulier de familles d’accueil, adapté aux besoins de la société d’aujourd’hui. Il faut garder à l’esprit que, par la réforme actuellement en cours de la loi sur la protection de la jeunesse, le transfert de l’autorité parentale vers l’institution en cas de placement ne sera sans doute plus automatique. La manière de travailler avec l’enfant et ses parents biologiques changera. Il faudra trouver des solutions d’équilibre et prendre en compte les intérêts privés et publics, l’intérêt supérieur de l’enfant, les intérêts des parents biologiques et ceux des parents d’accueil.
L’ORK reçoit des réclamations de familles d’accueil qui disent parfois avoir du mal à se positionner entre les dispositions du tribunal, des exigences ou les interdits des services d’accompagnement et les revendications des parents d’origine. Ces parents d’accueil vivent mal ces situations où ils sont confrontés à des attentes divergentes. Face au pouvoir des autorités et des services, ils se sentent impuissants et dévalorisés. L’ORK recommande aux acteurs professionnels de mener, quand des conflits surgissent, une réflexion sur leurs propre démarche afin d’éviter de donner le sentiment aux parents d’accueil que les conflits sont réglés d’autorité et que les décision sont dictées. La confiance réciproque est une condition nécessaire pour une bonne collaboration dans l’intérêt de l’enfant.
Un statut particulier pour l’enfant placé en famille d’accueil permettrait au jeune de mieux préparer sa transition vers l’âge adulte. Des liens juridiques entre enfant et famille d’accueil pourraient ainsi être créés qui perdurent au-delà de la majorité du jeune pour mieux préparer son avenir et achever sa scolarité ou sa formation professionnelle.
Aujourd’hui l’ORK constate que les adoptions nationales par la voie de l’abandon sont extrêmement rares (1-2 par an). On peut se demander si un cadre légal plus précis ne permettrait pas de trouver un meilleur équilibre entre le droit de l’enfant de grandir dans un cadre familial stable et sécurisant et son droit de maintenir une relation avec ses parents biologiques.
En effet, il faut distinguer le cadre légal de l’accueil en famille de celui de l’adoption. Dans le premier cas, la situation de l’enfant reste provisoire et dans le deuxième elle est définitive. Il faut donc recentrer la procédure sur l’intérêt de l’enfant et laisser la famille d’accueil en dehors de l’appréciation de l’adoptabilité de l’enfant. L’ORK propose au législateur de s’inspirer de la nouvelle formulation du Code Civil français concernant le “délaissement parental manifeste”, et de permettre au parquet de saisir le juge avec une demande de déclaration judiciaire de délaissement parental.
L’ORK recommande une réflexion concertée des Ministères de la Justice et de l'Éducation, de l’Enfance et de la Jeunesse.
A l’heure actuelle, les foyers et les familles d’accueil sont détenteurs de l’autorité parentale pour les mineurs placés par mesure de garde provisoire ou par jugement du Tribunal de la Jeunesse, respectivement du Parquet. Ceci implique que le foyer ou la famille d’accueil garantit une prise en charge complète des mineurs et élabore un projet de vie à court/ moyen terme adapté aux besoins des jeunes.
L’équipe éducative ou les parents d’accueil peuvent intervenir sans en référer aux parents dans différents domaines qui concernent le jeune, par exemple de le représenter ou de signer des documents.
Le projet de loi sur la protection de la jeunesse ne transfère plus automatiquement l’autorité parentale au foyer ou à la famille d’accueil en cas de mesure de placement. Cela constitue un vrai et profond changement de paradigme : les professionnels des structures d’hébergement et les familles d’accueils ne pourront plus se substituer aux parents, mais devront développer de modalités nouvelles de collaboration.
L’ORK a toujours plaidé pour que les parents puissent garder leur autorité parentale. En effet, l’ORK considère qu’il ne convient pas, sauf en cas de motifs graves, d’exclure les parents de toute décision concernant leur enfant dans le cas d’un placement institutionnel judiciaire. Pour donner une base à cette collaboration on pourrait concevoir que l’autorité parentale puisse, si l’intérêt supérieur de l’enfant l’exige, s’exercer de manière conjointe entre l’institution et les parents. On pourra aussi réfléchir à une définition plus spécifique de différents aspects symboliques et pratiques qui composent l’autorité parentale.
L’ORK recommande de mettre en place un mandat et des procédures claires de contrôle régulier et systématique de tout type de structure d’accueil d’enfants, qui prenne en compte non seulement les concepts d’action général de ces structures, mais également leurs pratiques effectives. Ce type de contrôle permettrait d’apporter de l’aide pour corriger des pratiques problématiques.
L’ORK est d’avis que les enfants et, dans la mesure du possible, les parents, devraient être entendus dans le cadre de ces contrôles.
Concernant les agréments, les textes législatifs ci-dessus prévoient comme unique sanction leur retrait. Le Ministère ne peut pas donner des injonctions à se conformer au texte en vigueur. Etant donné le manque de places dans les lieux d’accueil d’enfants, et puisque le retrait de l’agrément équivaut à la fermeture du foyer, les manquements ne sont pas sanctionnés.
L’ORK réinvite le législateur à repenser la procédure de l’intervention de la police en matière d’enfants. Le fait de faire intervenir la police, en uniforme ou en civil, est une forme de maltraitance institutionnelle, qui risque de traumatiser les enfants et qui traite inutilement les parents comme des “criminels”.
Pour clarifier ce propos, il faut ajouter que ce n’est pas une critique envers les agents qui remplissent cette mission. D’après les échos qui nous parviennent, les policiers et les policières du terrain ont à cœur d’accomplir cette mission le plus sereinement et le plus respectueusement possible.
L’ORK est d’avis que, dans des circonstances normales, le transfert d‘un enfant devrait être préparé et organisé par les acteurs du secteur socio-éducatif. En cas de situation de danger, la Police est en charge, mais doit bien adapter son intervention au cas par cas. Pour ce faire, plus d’informations et de transparence de la part de la justice est indispensable.
Pour permettre à ces jeunes de réussir leur accession à l’âge adulte et leur intégration dans la société, il faut des professionnels disponibles et un système de financement des mesures qui tiennent compte du fait qu’il est normal pour un jeune et un jeune adulte de faire ses expériences, de revenir sur ses choix, de recommencer, d’avoir besoin d’une deuxième, voire d’une troisième chance.
Dans ce contexte, l’ORK salue l’évolution de la politique de l’ONE qui a atténué l’exigence pour le jeune adulte de présenter un projet de vie sophistiqué pour pouvoir bénéficier des mesures de soutien. Il faut aussi remarquer que l’hébergement et l'accompagnement des jeunes adultes en logement encadré s’est beaucoup développé depuis plusieurs années.
L’ORK souligne que la CRDPH établit aussi, tout comme la CIDE, des obligations pour les États parties d’assurer une protection contre la violence, l’exploitation et l’abus.
Or, le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) estime que les risques de violence physique et sexuelle ainsi que de viol sont jusqu’à trois fois plus élevés dans le cas des personnes handicapées. Les femmes et les enfants handicapés sont davantage exposés aux violences que leurs homologues masculins.
L’ORK constate, avec regret, qu’aucune référence n’est faite à la protection des enfants handicapés contre la violence, l’exploitation et l’abus dans le rapport de bilan. Le Plan d’action national exprime une « vision de l’avenir » où le système juridique prévoit une protection appropriée des personnes handicapées contre l’abus et l’exploitation, mais sans prévoir aucune action concrète pour aller dans ce sens.
Les établissements qui prennent en charge des enfants handicapés doivent être dotés de personnel ayant reçu une formation spécialisée, et ces établissements doivent faire l’objet d’un contrôle et d’une évaluation régulières. Des mécanismes de plainte doivent exister et être pleinement accessibles aux enfants handicapés.
L’ORK constate que le Gouvernement a fait des changements considérables depuis l’évaluation du Comité des droits des personnes handicapées de 2017. La création de nouveaux centres de ressources qui sont venus s’ajouter à ceux déjà existants, la mise en place des centres socio-thérapeutique, la réorganisation des équipes de soutien des élèves à besoins éducatifs particuliers ou spécifiques (ESEB) sont assez récent et suscitent beaucoup d’espoir quant à une école réellement inclusive, pas seulement au nuiveau des intentions mais au niveau des ressource mises en œuvre pour atteindre les objectif donnés.
Chaque école fondamentale doit établir un plan de développement de l’établissement scolaire qui documente les démarches à suivre par la communauté scolaire pour améliorer la qualité de l’enseignement et répondre aux spécificités de la population scolaire. Parmi les cinq domaines prioritaires à couvrir figure l’encadrement des enfants à besoins particuliers ou spécifiques.
Chaque école doit élaborer une démarche d’inclusion pour donner aux enfants qui ont un retard mental ou de troubles du comportement, qui présentent des difficultés d’apprentissage ou qui font face à des déficiences visuelles, auditives, fonctionnelles et motrices ainsi qu’à des troubles du langage, la possibilité de suivre une scolarisation dans les écoles publiques ordinaires. L’instituteur spécialisé I-EBS participe à l’élaboration de ce concept.
Selon l’ORK, le Gouvernement doit continuer dans ses efforts de garantir les droits des enfants handicapés, et pour éviter que ces enfants subissent des discriminations. Dans une vraie approche d’inclusion, les préoccupations primaires devraient tourner autour des conditions de l’environnement, de l’aménagement du fonctionnement pédagogique et des pratiques éducatives qui permettent l’accueil et la participation de tous les enfants.
L’ORK renvoie à son rapport de 2018 et aux recommandations qu’il a fait par rapport à la santé mentale des enfants et des jeunes, notamment en ce qui concerne le plan stratégique à développer dans ce domaine et en ce qui concerne le renforcement des services de prise en charge du secteur santé et du secteur socio-éducatif.
L’ORK salue la publication du guide pratique traitant du suicide en milieu scolaire qui constitue un outil utile et directement opérationnel pour le personnel scolaire. Mais il tient à rappeler qu’un tel outil ne remplit sa fonction qu’à condition que les acteurs de terrain en connaissent l’existence et ont la possibilité de se familiariser avec l’approche générale et les les actions préconisées.
L’ORK recommande d’engager dans les lycées des professionnels de la santé mentale à l’école. Dans les lycées une infirmière ou un infirmier devrait faire partie de l’équipe du Sepas ou du SSE. En effet, il ne faut pas surcharger les enseignants inutilement en leur demandant de procurer de l’aide et de prodiguer des soins aux jeunes vu leur charge de travail d’enseignement déjà élevé. En outre, les petits bobos comme des maux de ventre ou de tête peuvent être les révélateurs de certains problèmes de santé mentale. Un jeune aura plus de facilité de parler à un professionnel de santé de ces symptômes physiques que de s’adresser à la psychologue pour son mal-être ou sa dépression.
Un professionnel de la santé, faisant parti de l’équipe du Sepas, pourra aussi plus facilement initier et cultiver une collaboration avec des professionnels de la santé mentale externe, qui suivent le jeune ou qui peuvent conseiller les intervenants du lycée.
L’ORK recommande d’établir des cas d’exception dans cette nouvelle réglementation. On ne peut justifier un refus de CRF parce que l’enfant mineur « n’a pas été hospitalisé », alors que la présence d’un parent est dans un cas comme celui-ci indispensable.
La principale inégalité qui persiste vient du fait que la demande de place en maison relais ou en foyer scolaire est plus grande que l’offre. Puisque les parents qui travaillent ont la priorité, des familles qui ont d’autres bonnes raisons de solliciter une place restent sur les listes d’attente. L’ORK fait par exemple l’expérience que pour un parent en recherche d’emploi il peut s’avérer difficile d'inscrire son enfant.
L’ORK constate que l’introduction de classes francophones et/ou anglophones dans certains lycées, ainsi que la création de la première école internationale publique et gratuite à Differdange, le Gouvernement tient compte de la grande diversité de la population, tout en démocratisant l’accès à un enseignement international.
L’ORK salue les initiatives comme BEE Secure, Stop-Mobbing ou le service prévention de la police. Elles constituent de vraies ressources pour les écoles et lycées pour sensibiliser les élèves à un comportement non-violent et respectueux de l’autre. Mais faire venir à la rescousse des spécialistes externes ne suffit pas pour développer une culture du vivre ensemble dans un établissement. Tous les membres de la communauté scolaire sont sollicités pour que les interventions des spécialistes externes aient un effet durable.
Concernant la sensibilisation autour de l’usage d’Internet, tous les acteurs sont d’accord pour constater que les actions devraient commencer dès l’école fondamentale, en tenant compte des pratiques des enfants et en utilisant des supports adaptés à l’âge des enfants.
Il est regrettable qu’une telle modification de la loi modifiée du 29 mai 2009 concernant le Centre de rétention ait eu lieu en 2017.
L’ORK ne peut que rappeler que, conformément aux droits de l’enfant, toute forme de détention des enfants ne doit être qu’une mesure de dernier ressort et d’une durée la plus courte possible. Ceci inclut les mineurs non accompagnés et les familles migrantes avec enfants, quel que soit leur statut.
Les droits de l’enfant s’appliquent à tous les enfants et à tout moment, c’est à dire en dehors, avant, pendant et après la procédure d’asile.
Tout d’abord, l’ORK constate que le dispositif évaluatif de l’intérêt supérieur de l’enfant ne s’applique en pratique que pour les mineurs demandeurs de protection internationale enregistrées.
Uniquement les mineurs non accompagnés (MNA) qui font une demande de protection internationale, mais qui ne remplissent pas les conditions du demandeur d’asile et auxquels on oppose un refus, tombent sous l’article 103 de la loi sur l’immigration. Aucun autre mineur migrant se trouvant au Luxembourg n’est visé par l’article 103. Les MNA qui n’ont pas un représentant légal risquent d’être entièrement sans droits car ils ne sont pas non plus couverts par la loi de la protection de la jeunesse actuellement en vigueur.
Aucun statut juridique clair n’est prévu pour les MNA. L’ORK répète son plaidoyer pour un statut particulier pour les mineurs non accompagnés en leur permettant d’être protégés, de pouvoir s’intégrer valablement au Luxembourg et de bénéficier d’une solution durable pour leur avenir.
L’ORK déplore que la législation luxembourgeoise fasse une différence entre administrateur ad hoc et administrateur public, représentant légal ou tuteur. Le premier, qui est obligatoire pour tout MNA qui s’est fait enregistrer, a souvent pour unique mandat de l’accompagner le mineur pendant la procédure administrative de demande d’asile. En effet, tous les MNA n’ont pas nécessairement un administrateur public ou tuteur conformément aux articles 433 et 450 du Code civil.
Art 433 (loi du 27 juin 2018) : « Si la tutelle reste vacante, le juge aux affaires familiales la défère à l’Etat et désigne à l’enfant un administrateur public qui sera choisi de préférence parmi les membres d’une société ou institution de charité ou d’enseignement public ou privée. L’administrateur public aura sur la personne et les biens du mineur les mêmes attributions qu’un administrateur légal sous contrôle judiciaire. »
L’administrateur public pallie l’absence de tuteur qui « prendra soin de la personne du mineur et le représentera dans tous les actes civils, sauf les cas dans lesquels la loi ou l’usage autorise les mineurs à agir eux-mêmes ».
L’ORK demande avec insistance que la réforme sur la protection de la jeunesse prévoit expressément que la protection s’applique à tous les enfants sur le territoire luxembourgeois, comme c’est le cas dans la loi sur l’aide à l’enfance.
L’ORK tient à soulever que pour évaluer l’intérêt supérieur de l’enfant il ne faut pas se limiter aux faits écrits dans le dossier, mais prendre en considération la personnalité individuelle de chaque jeune. Une approche holistique est absolument à recommander.
L’ORK reprend une recommandation du Collectif Réfugiés Luxembourg, qui demande la création d’un système de traçabilité des dossiers qui permettraient aux demandeurs de protection internationale de connaître, à tout moment, l’état d’avancement de leur demande.
Un flou juridique existe toujours entre l’administrateur ad hoc et le tuteur. Il serait cependant important que la mission de l’administrateur ad hoc ne se limite pas seulement à l’aspect de la procédure de la protection internationale. En effet, un mineur non accompagné peut bien se trouver au Luxembourg pour des raisons différentes. Il peut se trouver au Luxembourg pour des raisons économiques ou en raison d’une fugue de la maison familiale pour cause de violence, négligence, abus ou autre.
En ce qui concerne la fiabilité des tests pratiqués au Luxembourg pour la détermination de l’âge, l’ORK rappelle qu’il a été amplement prouvé qu’aucune méthode ne peut déterminer l’âge d’une personne de façon précise. Selon la presque totalité des experts en la matière, les méthodes telles que les radiographies susmentionnées ne peuvent donner lieu, au mieux, à une estimation et il y aura toujours une marge d’erreur non négligeable. Cette marge d’erreur a été évalué à entre 18 mois et 3 ans pour la méthode de la radiographie des tissus cartilagineux du poignet et de la main, et la méthode des radiographies de la clavicule a été considérée fiable uniquement pour établir si une personne a atteint ou non l’âge de 21 ans. En ce qui concerne les examens physiques ou de maturité sexuelle, ils ont été considérés les moins fiables et les plus invasifs de toutes les méthodes employées. Contraire à la vie privée et à la dignité de la personne, cette méthode a en effet été évaluée comme étant peu fiable pour toute personne au-delà de l’âge de de 13 ans. Selon le « European Asylum support office », aucune méthode impliquant la nudité ou l’examen des parties génitales ou parties intimes ne devrait être employé dans le cadre d’une procédure de détermination de l’âge.
Dans ce contexte, l’ORK salue le fait que, suite aux interventions des principaux acteurs travaillant dans le domaine des réfugiés et des droits de l’homme, le Ministre a décidé d’abandonner la pratique des examens de maturité sexuelle dans le cadre de la détermination de l’âge des demandeurs de protection internationale.
L’ORK voit de façon positive l’accord conclu en 2017 entre la Direction de l’Immigration du Ministère des Affaires étrangères et européennes et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) pour chercher les parents des mineurs non accompagnés dans leur pays d’origine. Cette collaboration établit un processus, mené avant qu’une décision concernant la demande de protection internationale soit prise, pour connaître l’existence ou non de membres de famille et quelles pourraient être les perspectives pour le mineur en cas d’un retour dans son pays d’origine.
Cependant, l’ORK souligne que même si un mineur non accompagné au Luxembourg a des membres de famille dans son pays d’origine, cela ne veut pas nécessairement dire qu’il serait dans l’intérêt supérieur de l’enfant d’y être renvoyé. Aussi, il est également important d’allouer des ressources à la recherche de membres de famille d’un mineur non accompagné qui a déjà reçu le statut de bénéficiaire de protection internationale, et qui pourrait demander le regroupement familial au Luxembourg.
L’ORK demande que les classes d’accueil de l’Etat qui se trouvent dans des bâtiments isolés soient supprimées et de faire fonctionner ces classes dans les enceintes des écoles «normales» aux horaires des écoles «normales». L’ORK suggère que des activités communes soient organisées dans les écoles afin que les élèves se côtoient au quotidien afin de favoriser une bonne intégration/inclusion.
L’ORK demande que les enfants DPI et BPI, qui viennent à travers des programmes de réinstallation au Luxembourg, soient intégrés dans les classes régulières au même titre que tous les enfants migrants nouvellement arrivés sur le territoire luxembourgeois.
L’ORK recommande que la Commission consultative d’évaluation de l’intérêt supérieur des mineurs soit composée de membres permettant d’évaluer le jeune dans son entièreté et propose d’ajouter un représentant du CEPAS qui assure la prise en compte de l’aspect scolarité et santé mentale du jeune.
En revanche, l’ORK estime que, sauf pour la décision concernant la protection internationale, toute décision concernant l’enfant devrait être prise par un organe de protection de l’enfance et non pas par une autorité de migration.
L’ORK estime également que la procédure de collecte d’informations sur le jeune doit clairement être séparée de la procédure de prise de décision et de sa motivation. Dans ce contexte, la présence de l’administrateur ad hoc à la réunion de la Commission est essentielle. Ce dernier doit avoir connaissance de l’objet et des enjeux de la réunion. Ayant un contact régulier avec le jeune, l’administrateur ad hoc, ainsi que son tuteur, sont en principe appropriés pour pouvoir transmettre à la Commission tous les éléments relatifs à la personnalité du jeune.
Néanmoins, pour un grand nombre d’acteurs de la protection de l’enfance, ce fait a tout de même donné lieu à des inquiétudes par rapport à la situation de ces jeunes et aux risques liés, par exemple, à la traite des êtres humains et à l’exploitation par des groupes criminels. Il serait important de développer des stratégies pour essayer d’atteindre ces jeunes et de leur proposer des mesures d’aide et de soutien, en dehors des considérations liées à une demande formelle de protection internationale.
L’ORK recommande d’instaurer un statut particulier pour les mineurs non accompagnés se trouvant sur le territoire national avec la nomination d’un représentant légal et pris en charge par l’ONE.
Il ne faut pas oublier qu’un mineur, sans l’accord du titulaire de l’autorité parentale (tuteur) ne peut ouvrir lui-même un compte bancaire et ne se voit pas attribuer de carte de sécurité sociale. Les soins médicaux lui sont refusés, notamment aussi la prise en charge psychiatrique.
La désignation d’un tuteur est dans une première étape plus importante et plus vitale que celle d’un administrateur ad hoc. Notons également dès que le jeune est débouté de sa demande de protection internationale, l’administrateur ad hoc n’est juridiquement plus en charge du jeune. Il n’y a plus personne pour s’en occuper et organiser son retour, ni pour s’occuper de son état de santé.
Il ne devrait pas y avoir de lien de cause à effet entre la procédure d’asile et la représentation légale d’un mineur. Il est un sujet de droit avant, pendant et après la demande d’asile. L’ORK estime qu’une représentation légale devrait perdurer tant que l’enfant mineur se situe sur le territoire national.
Il n’est pas acceptable que pour les mineurs non-accompagnés, qui pour des raisons diverses n’ont pas entamé une procédure de protection, tant l’aide à l’enfance que la protection de la jeunesse puissent se déclarer incompétentes.
L’incertitude du nombre de mineurs non accompagnés qui arrivent dans le pays dans une certaine période, ainsi que la variabilité de ce chiffre d’une période à l’autre, peut bien sur rendre difficile la mise à disposition d’un nombre suffisant de places dans des foyers spécialisés.
Tout en étant conscient de ces contraintes, L’ORK encourage les autorités et les associations qui s’occupent de la prise en charge des mineurs non accompagnés de se donner les moyens et la flexibilité pour pouvoir faire face aux variations du nombre de ces jeunes tant en ce qui concerne les localités qu’en ce qui concerne le personnel encadrant.
L’ORK ne partage pas l’opinion selon laquelle le mineur en conflit avec la loi devrait assumer ses responsabilités comme le majeur doit le faire. Un éventuel code pénal pour mineurs devra prévoir des mesures ciblées et adaptées aux enfants, prenant en considération son âge et son état de développement, ainsi que tout autre facteur de vulnérabilité.
L’ORK est d’avis qu’il est important vis-à-vis du jeune d’avoir un discours clair et cohérent. L’aspect « sanction » de la mesure prise doit être clairement signifié et expliqué au jeune et être distingué des mesures d’aide, de soutien ou de protection dont il doit bénéficier.
La disposition de l’article 32 de la loi sur la protection de la jeunesse permet, à condition que le juge de la jeunesse donne son accord, de faire juger un mineur de plus de 16 ans par une cour pénale avec les mêmes procédures et les mêmes sanctions que pour un adulte. Il constitue le seul point de passage entre l’approche protectionnelle et une approche pénale. Cet article est très rarement appliqué, d’après nos informations uniquement dans certains cas de crime de sang.
L’ORK estime que la perspective qu’un mineur pourrait être condamné à une peine de prison à vie est sans doute choquante et constitue un argument supplémentaire pour réfléchir à un code pénal pour mineurs, à concevoir dans l’esprit d’une justice adaptée aux enfants.
L’ORK souligne que les lois internationales appellent à limiter les privations de liberté des enfants. Toute mesure de placement, d’arrestation, de détention ou d’emprisonnement ne doit être prise qu’en dernier recours et uniquement pour une durée qui soit la plus courte possible, tout en tenant prioritairement compte de l’intérêt supérieur de l’enfant.
Ce principe implique que notre législation (et politique) nationale devrait assurer qu’il y ait suffisamment d’alternatives adéquates disponibles. Ainsi, l’ORK recommande par exemple d’établir un cadre légal clair, non seulement pour améliorer la transparence des lieux où des enfants sont privés de liberté, mais également pour garantir et protéger plus efficacement leurs droits. La loi devrait nommer clairement les critères et les durées pour des placements privatifs de liberté.
L’ORK reste attaché à sa position de principe qu’il faut absolument cesser de placer des mineurs au Centre Pénitentiaire de Luxembourg (CPL), car ce qui pose problème, c’est moins le fait de priver le mineur de liberté que le fait de l’incarcérer dans une prison pour adultes.
Prenant acte du fait que la sanction l’isolement est bien cadrée et encadrée, l’ORK se pose néanmoins des questions par rapport à ces sanctions disciplinaires qui consistent en isolement temporaire en chambre d’isolement ne devant pas dépasser trois jours (72 heures). La loi décrit un certain nombre de situations ou la sanction disciplinaire est appliquée, ou seulement applicable? Trois jours, c’est très long, mais les responsables nous ont assuré que la mesure d’isolement était dosée, qu’un isolement long était rarement prononcé.
Néanmoins, l’ORK s’interroge sur le caractère non suspensif des recours contre les sanctions disciplinaires (qui sont par définition des peines d’isolement), puisque la sanction est consommée avant une décision sur le recours.
A l’état actuel, un réexamen systématique de mesures provisoires de placement n’existe toujours pas. Trop de placements judiciaires restent pendant des années sous le statut d’une mesure de garde provisoire, sans que l’enfant et ses parents n’aient eu l’opportunité de voir un juge. C’est sans doute une question de législation, de pratique judiciaire, mais aussi de ressources.
Cependant, l’ORK félicite le législateur d’avoir compris la problématique et de l’avoir inséré dans le projet de loi 7276, qui prévoit des nettes améliorations quant au réexamen des mesures provisoires. Cette modification rendrait le travail du juge plus transparent et respectueux pour tous les concernés.
L’Etat devra donner aux juges les ressources humaines et techniques pour leur permettre de travailler de façon minutieuse et réactive à la fois et ainsi assurer aux enfants et à leurs familles des délais les plus courts possibles.

L’ORK
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Suite aux constats formulés dans le chapitre dédié à l’adoption, l’ORK recommande au législateur :
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L’OIM (l’Organisation internationale de la migration) a introduit un nouveau processus, selon lequel des experts vont se déplacer dans les pays d’origine des mineurs non-accompagnés afin de se faire une idée de leur situation familiale pour mieux pouvoir décider ce qui est dans « l’intérêt supérieur de l’enfant » et pour décider si la crainte de persécution est fondée. Il s’agit aussi de rechercher d’autres membres de la famille de l’enfant.
Les recommandations 2018

Il faut regretter que le Rapport de recommandations « Pour une stratégie nationale en faveur de la santé mentale des enfants et des jeunes au Luxembourg » publié en 2010 n’ait pas eu de vraie suite sous forme d’un plan structuré permettant l’application de ces recommandations. Mais ça reste un document précieux, toujours valable et pertinent. Pour la préparation et la rédaction les auteurs ont eu des échanges avec un nombre impressionnant de professionnels de la santé, de la justice, de l’université, de l’enseignement, des administrations et du secteur psycho-social. Le rapport devrait être actualisé et être suivi d’un vrai plan national détaillant les acteurs chargés de mettre en œuvre les actions concrètes à mettre en place pour atteindre les objectifs concernant la formation, le screening, la participation, la politique de proximité, le référent thérapeutique et la collaboration pluri professionnelle.
L’ORK salue les renforcements prévus dans le domaine de la pédopsychiatrie et la psychiatrie juvénile.
Ainsi le CNHP disposera bientôt d’un centre thérapeutique pour adolescents à Putscheid pour y accueillir des jeunes entre 12 et 18 ans avec des troubles psychiatriques.
Il faut noter que la psychiatrie juvénile, que ce soit en stationnaire ou en ambulatoire, connait en permanence une occupation à 100%, et en conséquence de longues listes d’attentes. Le service national de psychiatrie juvénile disposera à partir de 2021 de 30 lits contre 23 actuellement, organisés en deux services hospitalier de 15 lits, ainsi que d’une deuxième clinique de jour au Kirchberg (20 places), ce qui fera en tout 32 places avec le maintien de l’antenne d’Esch.
Il est aussi prévu d’incorporer une école pour les jeunes patients à proximité de l’hôpital du Kirchberg. Une clinique de jour au nord du pays devrait compléter le paysage et contribuer à tenir la promesse de rapprocher le soin de patients. L’augmentation de places en clinique de jour à proximité du lieu de vie des jeunes est nécessaire pour libérer des lits dans le stationnaire respectivement pour réduire les temps d’attente pour une prise en charge.
L’ORK regrette que le CHL ne dispose toujours pas officiellement de lits maman-bébé qui sont pourtant indispensables pour prendre en charge des mamans qui présentent un trouble de l’attachement ou qui souffrent d’autres troubles psychiques.
L’ORK salue la création du Centre KanEl qui est un centre de consultation thérapeutique à vocation préventive spécialisé en parentalité. Il s’adresse aux parents, aux enfants et aux familles en souffrance psychique importante. Ce centre permet notamment de soutenir les enfants qui vivent avec un parent en souffrance psychique. L’ORK est d’avis qu’une vraie réponse à la problématique du poids que font peser les troubles mentaux sur tout le groupe familial exigera d’installer également de tels centres à Luxembourg et dans le nord du pays.
L’ORK félicite le gouvernement d’avoir compris que les enfants passent beaucoup de temps à l’école et que les écoles sont bien placées pour promouvoir le bien-être, prévenir les problèmes de santé mentale et reconnaître les problèmes à un stade précoce.
Les experts d’ADOCARE ont proposé différentes stratégies en vue d’améliorer le bien-être des jeunes dans un contexte scolaire. Ces propositions pourront utilement nourrir la réflexion autour de la contribution de l’école à l’amélioration de la santé mentale des enfants et des jeunes.
Adocare plaide pour une formation de base en santé mentale aux enseignants. En effet, les enseignants sont présents en permanence dans la vie des jeunes et sont bien placés pour détecter des problèmes à un stade précoce et peuvent apporter une aide précieuse.
Il faudrait engager des professionnels de la santé mentale à l’école. Dans les lycées une infirmière ou un infirmier devrait faire partie de l’équipe du Sepas ou du SSE. En effet il ne faut pas surcharger les enseignants inutilement en leur demandant de procurer de l’aide et de prodiguer des soins aux jeunes vu leur charge de travail d’enseignement déjà élevé. En outre les petits bobos comme des maux de ventre ou de tête peuvent être les révélateurs de certains problèmes de santé mentale. Un jeune aura plus de facilité de parler à un professionnel de santé de ces symptômes physiques que de s’adresser à la psychologue pour son mal-être ou sa dépression.
Un professionnel de la santé faisant parti de l’équipe du Sepas pourra aussi plus facilement initier et cultiver une collaboration avec des professionnels de la santé mentale externes qui suivent le jeune ou qui peuvent conseiller les intervenants du lycée.
Le bien-être et la santé physique et mentale devraient faire partie intégrantes des cours. Les adolescents ne doivent pas uniquement savoir comment fonctionne leur corps, mais aussi leur psychisme. Les cours intégrés dans le programme scolaire devraient se focaliser sur les problèmes liés à la santé mentale, comme le développement de la résilience, le respect d’autrui, le développement de compétences sociales, la gestion de situations difficiles, la stimulation du recours à une aide comme étant une force de la personne, l’encouragement de la participation de la famille à l’expression de ses émotions et le développement des capacités personnelles.
Dans ces cours on pourra faire converger les objectifs d’un plan national de santé mentale avec les objectifs d’autres plans nationaux comme le plan « Santé affective et sexuelle » ou le plan LGBTI.
Toute école devrait aussi prêter systématiquement attention aux comportements à risques parmi les élèves et ne pas fermer les yeux. Sans empiéter sur le respect de la vie privé des élèves les enseignants et les autres intervenants de l’école se doivent d’être attentifs et vigilants face aux comportements liés à l’abus de substances, des automutilations, le décrochage scolaire ou le harcèlement. Ce sont autant des signes de détresse, des appels à secours qu’il faut prendre au sérieux. Les professionnels de l’enseignement, comme tout un chacun ont une obligation d’assistance à personne en danger.
Le travail en réseau est absolument indispensable piur mieux cerner les besoins des jeunes et les mesure à proposer. Pour une prise en charge cohérente, concertée et adaptée à la souffrance et aux besoins de l’enfant ou du jeune les professionnels des différents secteurs doivent échanger pour développer une compréhension multifactorielle et donner des réponses pluri professionnelles.
La politique doit formaliser et stimuler ce travail intersectoriel. Les questions qui sont soulevées : le secret professionnel partagé « car au sein des réseaux vont se côtoyer des acteurs qui ne sont pas tenus au même niveau de secret et sont donc appelés à la prudence. Il en est de même de la mise en vigueur de la nouvelle loi sur la protection des données. L’ORK recommande aux ministères concernés, à la CNPD et à la FEDAS d’élaborer un cadre de référence pour le secteur sous forme d’un guide pratique prenant en considération les questions de traitement et d’échange d’informations entre intervenants, tant sous l’angle de la déontologie, que sous l’angle du droit et des réglementations.
L’enfance et l’adolescence sont des phases de la vie qui se caractérisent par des changements et des transitions. Cela demande une approche développementale qui reconnaisse que chaque jeune éprouve des besoins différents qui évoluent selon son âge, son niveau de maturité et le contexte. Les professionnels doivent être conscients du fait que chaque diagnostic clinique et tous les besoins identifiés sont susceptibles d’évoluer en permanence, étant donné que les jeunes peuvent changer rapidement en peu de temps. Le plan de traitement doit être considéré comme un chantier qui évolue.
L’implication et la participation des parents sont essentielles dans le travail avec les enfants et les jeunes. L’idée générale consiste à rechercher un équilibre entre le respect de la vie privée, le droit de participation du jeune et la participation des parents et de la famille.
Il est cependant important que les professionnels informent et impliquent les parents dès que possible. Au début d’un traitement c’est aussi l’un des points à aborder avec l’adolescent. En fait, les membres de la famille, et en particulier les parents, qui vivent avec un adolescent souffrant de troubles psychiatriques, connaissent souvent eux-mêmes des problèmes. Les services de psychiatrie doivent avoir les ressources humaines suffisantes pour pouvoir offrir un accueil respectueux et un suivi de la famille du patient qui prend en compte le vécu et la souffrance des membres de la famille. L’ORK plaide pour un renforcement en ressource et une régionalisation de l’approche initiée par le Centre KanEl.
Comme dans d’autres domaines du secteur socio-éducatif une distinction dans la prise en charge psychiatrique au Luxembourg est faite entre les services s’adressant aux enfants d’une part, les services s’adressant aux adolescents d’autre part et encore les services de santé destinés aux adultes.
Cela signifie que les jeunes souffrant de troubles psychiques à un jeune âge seront transférés, à un moment donné de leur parcours de soins, des services pour enfants aux services pour adolescents et ensuite pour adultes. Lors de ces transitions, certains jeunes se sentent perdus, d’autant plus que ce ne sont pas seulement les intervenants qui changent. Le jeune et ses parents doivent aussi se réorienter par rapport aux modèles de travail et de fonctionnement, par rapport aux écoles de pensée et de la démarche thérapeutique. Quand ces transitions sont mal vécues par le jeune ou ses parents, il y a toujours le risque de rupture et d’interruption des soins.
L’ORK recommande aux professionnels de santé mentale de préparer et d’accompagner ces transitions où les besoins de l’enfant doivent être au cœur de toute décision prise. Le cadre temporel et la responsabilité des uns et des autres doivent être bien définis. Enfin les services doivent rester souples en ce qui concerne les limites d’âge imposés aux jeunes.
Un des problèmes qui se posent avec le passage à la majorité, c’est la rupture du suivi psychiatrique du jeune. En effet, il est sorti du champ de compétences du service de la psychiatrie juvénile et en général les médecins du service de psychiatrie pour adultes ne sont ni formés, ni intéressés de continuer le genre de collaboration qu’il y a eue avant entre le foyer et la psychiatrie juvénile. Le foyer ne reçoit plus de feedback, les médecins arguant des droits d’un patient adulte et autonome. Les solutions envisagées pour les comportements problématiques des jeunes sont souvent médicamenteux. Notons que tant la protection de la jeunesse que l’aide à l’enfance prévoient, avec l’accord du jeune, une prise en charge au-delà des 18 ans. Par conséquent il serait nécessaire de réfléchir à un cadre de référence commun entre le secteur socio-éducatif et la psychiatrie juvénile et adulte.
Dans ce contexte l’ORK salue l’évolution de la politique de l’ONE qui a atténué l’exigence pour le jeune adulte de présenter un projet de vie sophistiqué pour pouvoir bénéficier des mesures de soutien.
En date du 7 juillet 2017, le Conseil du Gouvernement a décidé de créer un comité ayant pour mission d’évaluer de l’Intérêt Supérieur de l’Enfant pour les mineurs non-accompagnés qui sont susceptibles d’être renvoyés vers leur pays d’origine. Le comité comprend actuellement comme membres : le parquet protection de la jeunesse, l’Office Luxembourgeois de l’Accueil et de l’lntégration(OLAI), l’Office National de l’Enfance (ONE)et la Direction de l’Immigration et l’administrateur adhoc du jeune. Les professionnels en charge de jeunes peuvent être entendus.
Le Ministère des Affaires étrangères (MAE) a conclu un accord avec l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) pour pouvoir faire des recherches dans le pays d’origine de la famille des mineurs non accompagnés, afin de procéder à une évaluation familiale et pouvoir prendre en compte cet aspect pour déterminer s’il est dans l’intérêt de l’enfant de retourner dans son pays d’origine ou non. Ce processus d’évaluation a débuté en octobre 2017.
L’ORK tient à rappeler les principes qui selon le Comité des Droits de l’Enfant des Nations Unies doivent être respectés dans la prise de décision d’un retour du jeune dans le pays d’origine.
Voici ce qu’en dit le Comité de Genève:
« 84. Le retour dans le pays d’origine n’est pas une option s’il présente «un risque raisonnable» de déboucher sur une violation des droits fondamentaux de l’enfant et, en particulier, si le principe de non‑refoulement s’applique. Le retour dans le pays d’origine ne doit en principe être organisé que s’il est dans l’intérêt supérieur de l’enfant. Pour déterminer si tel est le cas, il faut notamment se baser sur les critères suivants:
La situation en matière de sûreté, de sécurité et autre, notamment socioéconomique, attendant l’enfant à son retour, à déterminer au moyen d’une enquête sociale, si nécessaire, réalisée par des organisations du réseau social;
Les possibilités de prise en charge de l’enfant considéré;
L’opinion exprimée par l’enfant dans l’exercice du droit qui lui est reconnu à l’article 12 et les opinions des personnes subvenant à ses besoins;
Le degré d’intégration de l’enfant dans le pays d’accueil et la durée de l’éloignement de son pays d’origine;
Le droit de l’enfant de «préserver son identité, y compris sa nationalité, son nom et ses relations familiales» (art. 8);
La «nécessité d’une certaine continuité dans l’éducation de l’enfant, ainsi que son origine ethnique, religieuse, culturelle et linguistique» (art. 20).
85. En l’absence de possibilité de prise en charge par des proches parents ou des membres de la famille élargie, le retour d’un enfant dans son pays d’origine ne devrait en principe pas être organisé sans avoir au préalable mis en place un dispositif sûr et concret de prise en charge et défini les responsabilités en matière de garde à son retour dans le pays d’origine.
86. Le retour dans le pays d’origine peut être organisé, à titre exceptionnel, après avoir mis en regard avec soin l’intérêt supérieur de l’enfant et d’autres considérations − si lesdites considérations sont en rapport avec les droits et priment sur l’intérêt supérieur de l’enfant. Tel peut être le cas si un enfant représente un risque grave pour la sécurité de l’État ou de la société. Les arguments non liés aux droits, tels que ceux relatifs au contrôle général des migrations, ne peuvent l’emporter sur les considérations en rapport avec l’intérêt supérieur de l’enfant.
87. Dans tous les cas, les mesures de retour doivent être mises en œuvre dans la sûreté et d’une manière adaptée à l’enfant et tenant compte de son sexe.
88. Dans ce contexte, les pays d’origine doivent avoir à l’esprit les obligations leur incombant en vertu de l’article 10 de la Convention, en particulier l’obligation de respecter «le droit qu’ont l’enfant et ses parents de quitter tout pays, y compris le leur, et de revenir dans leur propre pays».
A la lumière de ces observations l’ORK considère que le Comité d’évaluation de l’intérêt supérieur doit entendre le jeune et doit se donner les moyens de vérifier par exemples les dires des parents qui lui sont transférés dans le rapport de l’OIM, si elles sont en contradiction avec les dires des jeunes. Les informations fournies par le OIM devraient obligatoirement être communiquées à l’Administrateur adhoc avant la réunion du comité.
Les enjeux sont expliqués plus en détail dans l’avis de l’ORK sur le projet de loi 7238 page 26 de ce rapport.
La décision du comité d’évaluation devra aussi faire l’objet d’un rapport qui est communiqué à l’administrateur adhoc et au jeune et qui montre, que le cas échéant, la décision administrative de renvoi est clairement justifiée et que la situation de l’enfant a été .dûment évaluée.
Notant qu’à l’exception de l’administrateur adhoc, le Comité d’évaluation est uniquement composé de représentants d’administrations de l’Etat et d’instances judiciaires, l’ORK partage la position de la Commission Consultative des Droits de l’homme qu’il serait opportun d’associer l’ORK comme observateur aux travaux du comité.
Comme le règlement Grand-ducal au sujet de ce comité est en cours d’élaboration, l’ORK recommande à ses auteurs de se reporter sur les Observations Générales du Comité des Droits de l’Enfant des Nations Unies et les Principes Directeurs et le Manuel de Terrain du UNHCR concernant l’évaluation et la détermination de l’Intérêt Supérieur de l’Enfant.
Mineurs non-accompagnés qui ne sont pas demandeurs de protection internationale – des enfants sans protection aucune?
La Loi sur la protection de la Jeunesse n’est pas applicable à des jeunes en détresse en absence de parents ou représentant légaux initiaux. Un placement en vertu de cette loi dans un foyer adapté par le juge de la Jeunesse est uniquement possible si l’on peut retirer l’autorité parentale à quelqu’un. Si aucun représentant légal n’est présent, une aide en matière de santé mentale peut lui être refusée.
Ainsi, un jeune migrant sans tuteur et vivant dans un foyer pour migrants adultes n’a pas pu être hospitalisé en milieu fermé en raison de l’absence de consentement du représentant légal.
L’ORK recommande que la nouvelle loi sur la protection de la Jeunesse soit amendée de sorte à ce que chaque jeune en détresse puisse bénéficier des aides offertes au Luxembourg et que l’ONE ne puisse faire la différence entre jeune légal en détresse ou jeune en détresse.
Au cours de l’année, il y a eu deux cas d’enfants très jeunes abandonnés sur le territoire luxembourgeois: une fillette de 10 ans et un enfant de 4 ans. Dans les deux cas, il s’est avéré que le Luxembourg n’avait aucun instrument légal pour agir de façon adéquate face à une telle situation de très jeunes enfants non-accompagnés.
Les mineurs non-accompagnés qui ne demandent pas de protection internationale n’ont pas de statut du tout et sont exclus de toute aide ou soutien. Ces jeunes qui viennent souvent des pays du Maghreb ou des pays d’Afrique subsaharienne sont souvent très mobiles et peu intéressés par une prise en charge. Mais en principe, du point de vue des droits de l’enfant, ce sont des enfants pour lesquels des mesures d’aide et de protection devaient être développées.
A l’heure actuelle, les foyers et les familles d’accueil sont détenteurs de l’autorité parentale pour les mineurs, placés par mesure de garde provisoire ou par jugement du Tribunal de la Jeunesse, respectivement du Parquet. Ceci implique que le foyer ou la famille d’accueil peut garantir une prise en charge complète des mineurs et élaborer un projet de vie à court/ moyen terme adapté aux besoins des jeunes.
L’équipe éducative ou les parents d’accueil sont aujourd’hui autorisés d’intervenir sans être obligés d’en référer aux parents dans différents domaines qui concernent le jeune, de le représenter, de signer des documents etc.
Le projet de loi sur la protection de la jeunesse ne transfère plus automatiquement l’autorité parentale au foyer ou à la famille d’accueil en cas de mesure de placement.
Cela constitue un vrai et profond changement de paradigme : les professionnels des structures d’hébergement et les familles d’accueils ne pourront plus se substituer aux parents, mais devront développer de modalités nouvelles de collaboration.
L’ORK a toujours plaidé pour que les parents puissent garder leur autorité parentale. En effet, l’ORK considère qu’il ne convient pas, sauf motifs graves, d’exclure les parents de toute décision concernant leur enfant dans le cas d’un placement institutionnel judiciaire. Pour donner une base à cette collaboration on pourrait concevoir que l’autorité parentale puisse, si l’intérêt de l’enfant, l’exige, s’exercer de manière conjointe entre l’institution et les parents. On pourra aussi réfléchir à une définition plus spécifique de différents aspects symboliques et pratiques qui composent l’autorité parentale.
Les professionnels en charge des enfants placés en foyer ou en famille d’accueil ont beaucoup d’inquiétudes par rapport à ce changement de paradigme. Ils craignent de ne plus pouvoir assurer les choses « élémentaires » de la vie de tous les jours.
L’ORK recommande à tous les professionnels de la protection de la jeunesse, qu’ils soient du domaine judiciaire, du secteur socio-éducatif, médical ou thérapeutique d’entamer une réflexion et des discussions autour de ces questions. Il faudra changer de culture tout en mettant en place des démarches pratiques nouvelles dans les rapports entre professionnels et familles au niveau de la préparation de la mesure de placement, au moment du transfert de l’enfant et pour toute la durée du séjour.
Si le retrait de l’autorité parentale reste une option pour les cas où les parents mettent en danger leurs enfants où ils refusent de collaborer pour le bien-être de l’enfant, il faudra être vigilant pour ne pas aboutir à une pratique où le retrait de l’autorité parentale continuera de planer systématiquement au-dessus de la tête des parents comme une épée de Damoclès, ou pire, où le retrait resterait la norme, avec pour seule différence, qu’il serait prononcé de façon différée dans le temps après la décision du placement.
Depuis le 25 mai 2018, le règlement général sur la protection des données est directement applicable à tous les acteurs actifs sur le territoire de l’Union européenne. Les nouvelles règles consistent à donner aux citoyens plus de contrôle sur leurs données personnelles, à responsabiliser davantage les entreprises commerciales (prospection), tout en réduisant leurs charges déclaratives et à renforcer le rôle des autorités de protection des données tel que la CNPD. Le règlement s’applique à nous tous, donc également aux associations et institutions œuvrant dans le domaine social et de l’enfance, sans être cependant visées directement.
Il est dommage qu’aucun document d’instruction n’ait été élaboré pour donner des orientations aux personnes travaillant dans le domaine social et de l’enfance. Par prudence, le secteur a souvent appliqué « le principe de la protection des données par défaut », ce qui a conduit à des paralysies, des incertitudes et des perturbations dans le travail avec les jeunes. Le fait de privilégier le principe de la protection des données par défaut dans le domaine de la protection du bien-être des enfants est entièrement paradoxal.
L’ORK rappelle qu’en cas de conflit entre les principes de l’Intérêt Supérieur de l’Enfant et celui de la protection des données, le premier doit prévaloir. Il ne faut pas perdre de vue d’objectif principal des activités et être conscient que pour garantir aux enfants le niveau de soins dont ils ont besoin, leurs données à caractère personnel doivent parfois être partagées par plusieurs acteurs.
L’ORK recommande aux ministères concernés, à la CNPD et à la FEDAS d’élaborer un cadre de référence pour le secteur sous forme d’un guide pratique prenant en considération les questions de traitement et d’échange d’informations entre intervenants, tant sous l’angle de la déontologie, que sous l’angle du droit et des réglementations.
L’ORK réitère sa demande d’arrêter les traitements médicaux non vitaux sur les enfants intersexes en l’absence de leur consentement. L’ORK insiste sur la formation des professionnels concernés ainsi que sur une sensibilisation du grand public sur les droits des personnes transgenres et intersexes. Notons qu’une étude récente réalisée en Allemagne souligne la nécessité d’aller vers une interdiction légale de ces traitements. En effet, l’étude Klöppel a montré qu’en Allemagne, la seule introduction de nouvelles lignes de conduites médicales n’a pas entraîné une diminution significative des opérations esthétiques sur les enfants intersexes entre 0-9 ans.
L’ORK recommande de développer, sur le modèle de la campagne concernant les enfants intersexes, une campagne complémentaire ainsi qu’un site web dédié à la sensibilisation concernant les enfants transgenres.
L’adaptation de la loi concernant le congé pour raison familiales (CRF) ne devrait en aucun cas défavoriser les familles qui ont un enfant avec une maladie grave chronique.
L’ORK a été informé de la situation d’un patient mineur ayant une pathologie lourde depuis la petite enfance et nécessitant un suivi médical à vie.
Les traitements médicaux se poursuivent à Paris et à Luxembourg depuis 14 ans.
Le suivi englobe des consultations obligatoires à Paris de façon régulière.
Depuis l’adaptation de la loi concernant le congé pour raisons familiales (CRF), les modalités d’octroi ont lésé l’accompagnement de cet enfant de 14 ans. En effet, il est stipulé qu’un CRF n’est accordé au parent d’un enfant de 13 ans accomplis uniquement si celui-ci est hospitalisé.
Un enfant nécessitant un suivi médical de façon chronique requiert la présence d’un parent pour se déplacer lors des consultations obligatoires régulières à l’étranger. L’adaptation de la loi ne permet pas à l’employeur d’accorder la demande CRF malgré les certificats des médecins traitants accompagnant la demande puisqu’il ne peut plus être remboursé.
L’ORK recommande d’établir des cas d’exception dans cette nouvelle réglementation. On ne peut justifier un refus de CRF parce que l’enfant mineur « n’a pas été hospitalisé », alors que la présence d’un parent est dans un cas comme celui-ci indispensable.
Au Luxembourg, les examens de rattrapage des examens de fin d’études du secondaire ont lieu après le 15 septembre, tandis que la plupart des universités à l’étranger commencent en début du mois. En 2018, les diplômes n’ont été délivrés qu’en date du 27 septembre, tandis que les délais d’inscription définitive se sont terminés la première semaine du mois dans les universités francophones. Une inscription à l’Uni.lu ou dans un pays germanophone est impossible sans préinscription préalable en mai.
L’ORK regrette que ce conflit des délais existe aussi pour les inscriptions à l’Uni.lu. En effet, la semaine des examens de rattrapage coïncide avec la semaine d’introduction à l’Université de Luxembourg où la présence est obligatoire. Retenons que les examens de rattrapage n’ont pas lieu le 15 septembre même, mais toute la semaine du 15 septembre.
En conclusion, les élèves de première avec un examen de rattrapage sont obligés de faire une année sabbatique, respectivement de suspendre ou abandonner leurs études universitaires et ceci même au Luxembourg.
Cette information concernant les difficultés dues à ces différentes dates butoirs et délais n’est nullement communiquée aux élèves de première. Les séances d’orientation organisées afin de leur permettre de se faire une idée de leurs projets d’études, ainsi que de les informer sur les préinscriptions aux universités, fait l’impasse sur ce problème.
L’ORK incite le gouvernement à coordonner les délais des examens de rattrapage avec les délais d’inscription de l’université au Luxembourg, respectivement, dans la mesure du possible, avec ceux des pays limitrophes.
L’ORK ne peut accepter l’argumentation comme quoi un élève avec un ou plusieurs examens de rattrapage aurait besoin d’au moins trois mois pour réviser. En plus il faut se demander quelle est la disposition d’esprit du jeune qui doit réviser pendant trois mois et reprendre le lendemain de l’examen, soit en classe de redoublement, soit dans un nouvel environnement d’une université, soit se retrouver sans rien du tout ? Retenons qu’un adolescent qui n’est pas inscrit dans un établissement scolaire n’a pas le droit de faire de stages, n’est plus couvert automatiquement par l’assurance des parents et la Zukunftskees, mais se retrouve sur le marché ordinaire du travail sans aucune préparation.
L’ORK recommande de concevoir et de planifier dans les temps les examens de rattrapage de fin d’études secondaires en prenant mieux en compte les délais d’inscription des universités étrangères, et pour l’Université luxembourgeoise d’éviter de faire coïncider les examens avec les délais d’inscription respectivement les débuts de cours.
L’ORK a eu à traiter un dossier d’une jeune fille porteuse de Trisomie 21 qui doit commencer sa formation dans un atelier thérapeutique en janvier de l’année prochaine. Elle était scolarisée en Allemagne.
Anticipant la fin de sa scolarité les parents ont contacté l’Ediff en janvier 2018, afin de trouver une solution pour le premier trimestre 2018/2019 en attendant que le jeune fille puisse entamer sa formation à l’atelier thérapeutique.
Finalement, les personnes de contact de l'éducation différentiée ont proposé et jugé convenable que le centre de propédeutique de Walferdange soit la meilleure solution transitoire pour la jeune fille. Un dossier complet (médical, psychologique, scolaire, social…. ) fut transmis à la CMPPN le 20 Avril 2018, en demande d’admission. En plus, une semaine de stage à Walferdange en commun accord et en vue de sa scolarisation prévue dès le 15 septembre fut organisée en juin. Le feed-back était très positif et les parents étaient sécurisés quant à la rentrée scolaire de leur fille, qui elle aussi était rassurée et contente de cette perspective.
Mais c’était sans compter avec la Commission médico-psycho-pédagogique nationale (CMPPN) qui le 20 juillet ( !) envoie un courrier que les parents reçoivent le 25 et qui leur annonce que la Commission donne un avis défavorable. Cette réponse arrive à un moment où il devient très compliqué pour les parents de réagir. Finalement grâce au branlebas organisé par les parents, les choses se sont arrangées pour jeune fille qui a pu intégrer la structure prévue.
L’ORK recommande cependant à la Commission Nationale d’Inclusion, et en générale aux responsables scolaires d’être plus respectueux des délais et des promesses implicites ou explicites qui ont été faites à l’enfant ou au jeune.
Le nouveau programme de visites du Service Treffpunkt offre la possibilité aux enfants de moins de 6 ans et à leur parent emprisonné de se voir/rencontrer en prison. Les visites encadrées sont basées sur l'âge du jeune enfant et permettent au jeune enfant d’avoir un contact précoce et harmonieux avec son parent emprisonné. C'est ainsi qu'un lien vital peut être créé entretenu et soigné à un âge plus avancé. En effet, des études ont montré que les premières années de la vie sont particulièrement importantes pour créer des liens solides.
Il est clair que ces visites en prison peuvent également constituer un fardeau pour les enfants. Il est donc important de se concentrer sur l’Intérêt Supérieur de l’Enfant et d’encadrer les visites selon les besoins de l’enfant. Parallèlement il est important de procéder à un travail de préparation avec les deux parents afin que les visites aient un effet positif pour l’avenir. Ce programme « Mam Petzi ob Besuch » peut être considéré comme un complément aux autres visites déjà effectuées à la prison avec des enfants plus âgés.
Les demandes pour les visites peuvent parvenir du père, de la mère ou de l’enfant, soit directement par téléphone ou courrier, soit via un collaborateur du SCAS ou du SPSE .
Lors du premier entretien avec le parent emprisonné, on lui donne des explications quant au déroulement possible de la visite et on le rend attentif qu’il n’y a pas de garantie que les visites auront lieu. On l’avertit qu’une collaboration avec le service est élémentaire. Lors du deuxième entretien un contrat de collaboration sera remis pour signature. Les sujets suivants sont abordés : l’histoire de vie, la famille, les relations avec l’autre parent, son rôle en tant que parent, sen emprisonnement. Le service du SPSE et le service du SCAS sont informés de la demande et on évaluera ensemble si des visites sont dans l’intérêt supérieur de l’enfant.
Le contact avec l’autre parent est seulement pris par la suite et se déroulera de la même façon. Si le deuxième parent donne son accord, on commencera à préparer les visites auprès du parent incarcéré. Ce travail sera adapté aussi bien à l’enfant, qu’au parent titulaire de la garde, qu’au parent emprisonné.
Le temps et la fréquence des visites seront adaptés à l’enfant. En principe les 5 premières visites seront hebdomadaires d’une durée de 30 minutes. Les parties sont toujours encadrées par des collaborateurs du Treffpunkt et assureront leur soutien.
L’ORK recommande aux autorités judiciaires et pénitentiaires de contribuer à l’implantation de ce programme pour les contacts entre jeunes enfants et leur parent incarcéré. Les autorités pénitentiaires sont appelés à mettre à disposition des locaux adaptés et à faciliter le travail de l’équipe du Service Treffpunkt dans l’enceinte du Centre Pénitentiaire.
Le Service Treffpunkt am Prisong est essentiel pour l’accompagnement concret et pratique, mais surtout psychologique des enfants concernés. De même les deux parents ont besoin du soutien du service pour pouvoir gérer au mieux la situation afin de ne pas porter dommage aux enfants.
L’ORK salue la création du service de médiation scolaire qui se présente avec ses missions et sa façon de fonctionner sur un site dédié à ce seul service, manière de bien montrer sa relative indépendance et neutralité par rapport acteurs de l’éducation nationale. Des médiateurs au plus près des administrations ou comme dans le cas de l’école proche du lieu de vie des élèves sont des institutions indispensables pour accompagner les réclamants et prévenir les situations qui portent préjudice aux enfants et aux jeunes.
Le médiateur scolaire a pour mission de traiter les réclamations qui concernent le maintien au lycée des élèves menacés par le décrochage scolaire, l’inclusion au sein de l’école des élèves à besoins spécifiques ainsi que l’intégration scolaire des enfants issus de l’immigration.
La présence d’un formulaire de réclamation en ligne, pourrait faire croire que les réclamants sont obligés de passer par ce formulaire pour prendre contact. Or si le service à besoin d’un écrit pour ouvrir un dossier, les réclamants peuvent prendre contact par téléphone pour se renseigner ou pour entamer une médiation.
L’ORK recommande au service de médiation et au ministère de rester ouvert au vue des expériences et des cas pratiques à une extension des missions de la médiation scolaire au-delà des questions de décrochage, d’inclusion et d’intégration.
L’ORK salue la campagne « Apprivoiser les écrans et grandir » qui reprend les principes du « 3-6-9-12 » du célèbre psychanalyste français, Serge Tisseron.
Cette règle donne quelques conseils simples autour de 4 étapes essentielles de la vie des enfants, à savoir l’entrée en maternelle (vers 3 ans), l’entrée au cours préparatoire (vers 6 ans), la maîtrise de la lecture & de l’écriture (vers 9 ans) et le passage au lycée (vers 12 ans).
Voici un aperçu des conseils donnés :
Avant 3 ans Il est conseillé de ne pas exposer les enfants aux écrans et de ne pas les considérer comme un moyen d’apprentissage.
L’ORK recommande vivement au Ministère de la sante de coordonner cette campagne avec BEE-Secure qui a les réseaux et les activités pour faire passer ce message simple et clair à l’intention des parents.
L’ORK pense que l’exercice physique et la pratique du sport, que ce soit dans une optique de pur loisir ou dans un esprit de compétition, toute activité sportive est propice au bon développement de l’enfant. Pour beaucoup d’enfants et de jeunes, le sport est un loisir sérieux qui réclame effort personnel et persévérance et qui profite à long terme à la santé physique, mentale et sociale de l’enfant. Pour ce qui est du sport de haut niveau, les adultes ont une responsabilité importante et ne doivent pas mettre l’exploit au premier plan. L’ORK préconise un dialogue suivi entre entraîneur et parents dans l’Intérêt Supérieur de l’Enfant. Le bon équilibre pour l’enfant n’est obtenu que lorsque parents, école, organisations sportives et entraîneurs communiquent entre eux en respectant ses besoins et ses capacités et surtout son droit d’être un enfant.
L’ORK rappelle qu’un jeune n’est pas nécessairement capable de bien percevoir ses forces et ses faiblesses. Mais il est surtout sensible à la critique des adultes et/ou des pairs. L’entraîneur doit être attentif à cet aspect et ne pas émettre des jugements trop sévères ou adopter (même inconsciemment) des appréciations dévalorisantes ou des stratégies discriminatoires à l’égard de l’enfant. Une bonne connaissance du développement physique et psychique de l’enfant est indispensable pour celui qui les guide dans leur pratique sportive s’il veut préserver la santé physique et mentale du jeune sportif.
L’ORK recommande aux parents, aux enseignants, aux entraîneurs, aux clubs et aux fédérations sportives, au Comité Olympique et sportif Luxembourgeois et au Ministère des Sports de mieux intégrer dans les valeurs du sport le concept de l’Intérêt Supérieur de l‘Enfant et l’idée de sa participation active telles que définies dans la Convention Internationale des droits de l’enfant.
Il faut aussi garder à l’esprit que dans le monde sportif, les enfants ne sont pas à l’abri de violences psychiques, physiques ou sexuelles et que les instances sportives à tous les niveaux sont tenues d’avoir une charte d’éthique et des codes de conduite concernant la prévention de toute forme de violence. Ils devront aussi disposer de procédures clairement codifiées en cas de suspicion ou de transgression avérée.
L’ORK recommande à toutes les instances sportives de s’inspirer de la Charte des Droits de l’Enfant dans le Sport développée par l’Institut international des Droits de l’Enfant (IDE) de Sion en Suisse. Cette charte s’adresse à tous les acteurs du monde sportif et elle traite de tous les droits de l’enfant qui sont en relation avec la pratique du sport.
L’ORK rend de même attentif à la campagne pour combattre la violence sexuelle contre les enfants et les jeunes que le Conseil de l’Europe a lancé dans le cadre de son programme « Pro Safe Sport ». La campagne du COE ainsi que le « référentiel concernant la protection des mineurs contre les violences » livrent un certain nombre de pistes et de ressources qui peuvent servir de base à la réflexion sur ces questions et à la rédaction des chartes de politique générale et des lignes de conduites.
Le système d’accueil de mineurs non accompagnés au Luxembourg continue à évoluer au fur et à mesure pour répondre aux besoins de cette population. Depuis les premières visites de l’ORK dans les foyers qui hébergent ces jeunes, en 2016, les expériences des foyers ont permis, pour la plupart, des adaptations et des améliorations pour garantir le bien-être et la protection des jeunes résidents. L’ORK note surtout les progrès positifs en termes de séparation entre mineurs non accompagnés et adultes dans les foyers mixtes, ainsi qu’une présence accrue de personnel spécialisé pour ces jeunes.
Cependant, les visites de l’ORK effectués en 2018 ont permis d’identifier certaines faiblesses, qui pourraient, avec une volonté de la part des autorités, être remédiées assez facilement pour permettre un système qui met vraiment l’intérêt supérieur de l’enfant en premier lieu. A cette fin, l’ORK souhaite conclure ce rapport avec quelques suggestions et recommandations, basées sur nos recherches et les visites décrites ci-dessus.
Garantir que tout mineur non accompagné reçoit, au plus vite possible, un administrateur ad hoc, indépendamment du temps qui reste avant que le mineur atteigne l’âge de 18 ans.
Assurer une priorisation des dossiers de demande de protection internationale des mineurs non accompagnés et œuvrer afin qu’aucun enfant ne doive attendre plus que 12 mois la décision sur son statut.
Garantir une information et des mises à jour réguliers à chaque mineur non accompagné concernant sa demande de protection internationale. Mettre en place un système d’information spécifique pour chaque enfant dont la décision tarde plus que 12 mois, afin de garantir que celui-ci soit au courant des raisons et puisse être rassuré.
Limiter le nombre d’entretiens avec les mineurs non accompagnés au minimum indispensable. S’il est estimé qu’un entretien ne suffira pas, informer l’enfant déjà avant le premier entretien qu’il/elle aura deux entretiens et en expliquer la raison.
Permettre aux mineurs non accompagnés de se faire accompagner à l’entretien par une personne de confiance de son foyer, sans devoir demander l’autorisation 2 semaines à l’avance. S’il faut une autorisation, celle-ci devrait pouvoir être demandé jusqu’au jour même de l’entretien.
Évaluer, et prendre en considération dans chaque décision, l’intérêt supérieur de l’enfant. L’intérêt supérieur de l’enfant devrait être évalué par un organe de protection de l’enfance, non pas par des autorités d’immigration. Chaque évaluation de l’intérêt supérieur d’un enfant devrait d’office inclure une participation directe de l’enfant en question, sauf si ce dernier ne veut pas ou ne peut pas y participer.
Assurer des formations et formations continues pour tous les membres du personnel des foyers qui travaillent en contact avec des mineurs non accompagnés. Les visites ont montré un manque de formation adéquate chez un grand nombre d’éducateurs. Cela est ressenti par le personnel même, qui est parfois dépassé par les situations, et il y a un souhait de pouvoir suivre des formations plus adaptées.
Assurer la présence régulière de psychologues dans les foyers. Les visites effectuées et les témoignages du personnel montrent une présence insuffisante d’appui psychologique dans la plupart des foyers.
Assurer un contrôle externe régulier et obligatoire des foyers hébergeant des mineurs non accompagnés. L’ORK devrait être doté d’un mandat clair et des ressources nécessaires pour pouvoir effectuer ces visites et communiquer avec les enfants et adolescents.
Favoriser les réunions de groupe avec les jeunes résidents, y inclus la présence du directeur et tous les membres du personnel éducatif, afin de discuter ensemble de la situation et permettre une prise de décisions commune concernant les règles de vie.
Garantir quelques règles claires et fermes de base, fondées sur une prise de responsabilité commune et qui visent à responsabiliser les jeunes. L’excès de règles sans fondement crée de la frustration et un sentiment d’être emprisonné.
Assurer un suivi régulier avec chaque résident concernant sa procédure de demande de protection internationale. Même en cas d’absence d’information concernant un dossier précis, la personne de référence dans le foyer devrait avoir un échange avec le jeune afin de répondre à d’éventuelles inquiétudes et parler de la situation.
Les membres du personnel devraient avoir le droit et l’obligation de suivre une formation. En outre, des contacts réguliers plus informels entre les membres du personnel des différents foyers seraient souhaitables, afin de permettre un échange sur des bonnes pratiques qui pourraient amener à un meilleur fonctionnement ainsi qu’à une meilleure cohérence entre les foyers.
Encourager tous les membres du personnel à être attentifs au fait qu’il peut y avoir une difficulté au niveau de la confiance que les jeunes ont en eux-mêmes (insécurité etc.) et dans les autres, et qu’il faut donner le temps nécessaire pour construire cette confiance à travers une bonne écoute, une compréhension et en prenant chacun au sérieux.
Garder toujours à l’esprit que les mineurs non accompagnés, même avec leurs souhaits d’autonomie et de responsabilité, sont encore des enfants (souvent ayant vécu des situations extrêmement difficiles et traumatisantes) et que parfois le besoin de pouvoir parler avec un adulte des craintes et des inquiétudes se fait sentir. Ces moments ont tendance à venir plutôt tard le soir ou la nuit, quand le sommeil ne veut pas s’installer, et c’est à ces moment-là qu’un éducateur à l’écoute est d’une importance cruciale.
Intensifier les efforts pour l’intégration des mineurs non accompagnés, en facilitant des interactions et activités communes dans les écoles. Aucun enfant ne devrait passer plus d’une année académique dans une classe d’accueil (ou similaire), et les enfants devraient au plus vite être scolarisés dans des classes normales, qui devraient être dotées de ressources suffisantes pour assurer un accueil de qualité et un aide spécifique pour les élèves qui en ont besoin.
Les recommandations 2016 autour de la thématique des enfants à besoins spécifiques :
La loi du 14 mars 1973 portant création d’instituts et de services d’éducation différenciée dispose dans son article 11 alinéa 2 que
« Lorsque l’intérêt de la formation d’un enfant l’exige, le ministre, après avoir entendu la commission médico psycho pédagogique nationale, peut autoriser cet enfant à recevoir l’éducation et les soins appropriés au-delà du terme de la scolarité obligatoire. En ce cas, les dispositions de l’article 8 ci-dessus continuent à être applicables.»
Il faut donc demander une prolongation de la scolarité si les parents ou les enseignants sont d’avis que le jeune en question peut encore progresser et gagner en savoir et en compétences. Mais la loi et la pratique suggèrent que les jeunes fréquentant l’Éducation différenciée, une fois l’âge de 16 ans atteint, n’ont plus rien à attendre d’un apprentissage scolaire. Or c’est souvent des jeunes qui apprennent autrement et à un autre rythme, mais qui seraient en mesure de progresser et de trouver leur épanouissement en continuant un cursus scolaire adapté à leurs capacités et leurs besoins.
Certains parents d’enfants fréquentant un centre de l’Education Différencié pensent que l’aspect éducation à la vie pratique et à l’autonomie prend trop de place au dépend des apprentissages scolaires.
Les aides en classes, qu’elles soient humaines ou techniques doivent être accessibles pour tous les enfants. Pour cela il faut que les parents soient dûment informés.
La question du financement des aides en classes, humaines ou techniques, doit être tranchée en faveur des enfants à besoins spécifiques. Ces aides devraient être alloués directement à l’enfant, indépendamment du fait que l’établissement soit public ou privé, y compris pour les structures périscolaires et les crèches.
Pour prendre en charge des enfants à besoins spécifiques de façon efficiente, l’école peut avoir besoin de compétences et de services spécialisés extérieurs, tout comme ces services peuvent avoir besoin de l’école pour établir leur diagnostic ou pour mettre en place leur prise en charge.
Pour une bonne prise en charge des besoins spécifiques d’un enfant, il est essentiel de faire un constat de ses besoins le plutôt possible, d’avoir un diagnostic qui permette d’adapter les mesures d’aide à l’évolution de la situation de l’enfant. Cela demande des services spécialisés et vu la diversité des services, la volonté et les moyens de se coordonner, de coopérer et d’organiser les relais au passage d’un service à l’autre, d’un palier d’âge à l’autre.
Pour les familles avec un enfant en situation de handicap moteur la question d’un logement adapté est primordiale en ce qui concerne la qualité de vie de tous et la préservation de la santé physique de l’entourage familial.
La question des enfants à besoin spécifiques concerne toute une liste de ministères et d’administrations de l’Etat : Le Ministère de la Famille, le Ministère de l’Education, de l’Enfance et de la Jeunesse, le Ministère de la Santé, le Ministère du Développement durable et des Infrastructures, le Ministère de la Sécurité Sociale, le Ministère du Logement, le Ministère du Travail, le Ministère de l’Egalité des Chances, pour ne nommer que les plus probables. C’est le Ministère de la Famille qui a dans ses attributions la politique pour personnes handicapées : Conseil supérieur des personnes handicapées, les Services d'accueil de jour et/ou de nuit, de formation, d'information, de consultation, de travail, de rééducation, d'aide précoce et d'assistance à domicile pour personnes handicapées, l’Accessibilité, le Service des travailleurs handicapés et les Ateliers protégés.
Le Service des Personnes Handicapés a bien des personnes de contact dans différents ministères ou administrations, mais quand surgissent des cas exceptionnels, il est parfois très compliqué de clarifier les compétences et de se mettre d’accord sur une démarche cohérente. La question cruciale est souvent : Qui a le budget ? Pour garantir une prise en charge dans l’urgence il serait utile d’avoir une plateforme interministérielle, genre taskforce, qui dispose d’un fond de roulement pour pouvoir mettre en place une prise en charge adaptée.
Les personnes en situation de handicap suivent des formations pour les préparer à trouver leur place dans la vie active soit sur le 1er marché de l’emploi, soit dans des ateliers protégés. Il n’existe pas de système de certification reconnu des acquis en connaissances ou en capacités pratiques, ni pour l'éducation différenciée, ni pour les formations proposées dans les instituts ou les ateliers.
La population des ateliers protégés et le nombre d’ateliers n’a cessé d’augmenter ces dernières années. Le nombre des travailleurs trouvant leur place sur le 1er marché du travail est très limité et les ateliers sont plus ou moins saturés. Or pour permettre aux jeunes en formation d’avoir une perspective pour leur vie active, il faut impérativement étendre l’offre des ateliers protégés. Or il semble que si le Ministère de la Famille est prêt à financer les infrastructures, le Ministère du Travail ne suit pas quand il s’agit de financer le personnel encadrant.
Si on veut promouvoir et favoriser l’inclusion il est essentiel que les collaborateurs des services spécialisés puissent se coordonner avec d’autres professionnels et soutenir, informer ou former les enseignants, les personnels des structures périscolaires, les éducateurs des foyers d’accueil ou les familles d’accueil. Or ils n’ont souvent pas les ressources humaines en nombre suffisant. Ils essaient de rendre service, mais la nécessité de travailler en réseau et en partenariat n’est pas vraiment prévue et reconnue dans l’organisation des services et dans leur dotation en personnel. Ainsi les nomenclatures de la CNS et de l’ONE ne prévoient pas assez ce genre de service « indirect » à l’enfant, pourtant essentiel à une prise en charge de qualité.
Les parents d’enfants à besoins spécifiques sont souvent des parents qui ont beaucoup lu, qui ont consulté beaucoup de spécialistes, qui ont une bonne connaissance de la manière de fonctionner de leur enfant. Armés de cette réelle expertise, motivés par le besoin de protéger leur enfant et le souhait de le faire profiter des aides auxquelles il a droit, ces parents ne sont pas toujours bien accueillis par les gens de terrains qui eux se sentent critiqués et confrontés à des revendications injustifiées. Le dialogue entre parents et enseignant n’est pas toujours évident du fait des émotions, du manque de continuité et des malentendus.
Pour les parents il serait souhaitable d’avoir une personne de référence qui accompagne le parcours de leur enfant et qui contribue à assurer une continuité dans la prise en charge de l’enfant. Les enseignants devraient être mieux formés pour établir un contact et un dialogue constructif avec les parents. Pour les situations difficiles ils devraient tout comme les parents pouvoir compter sur une médiation.
D’après les chiffres de l’ONE 131 enfants ou jeunes étaient accueillis au 1er avril 2016 à l’étranger, 75 en placement judiciaire, 55 en accueil volontaire.
La prise en charge pour un enfant à besoins spécifiques ne devrait pas être limitée aux périodes scolaires. L’évolution et le progrès de l’enfant sont interrompus, souvent ils régressent en raison de cette interruption si les parents n’ont pas la possibilité d’assurer une certaine continuité de prise en charge en vue de préserver les progrès et les acquis de l’enfant. L’absence de prise en charge met évidement aussi les parents dans des situations précaires quant à la garde de l’enfant quand ils sont au travail. Ainsi les vacances scolaires, qui devraient normalement donner un peu de répit, sont souvent pour les familles d’un enfant en situation de handicap, des périodes encore plus astreignantes.
Plusieurs prestataires proposent des formules d’hébergement de courte durée. Ces lits de répit ont pour objectif d’accueillir des personnes en situation de handicap pour accorder un peu de relâche à leurs parents ou leur entourage qui pourront souffler ou avoir tout simplement un peu de repos. Ces lits de répit sont cependant trop rares, ils sont réservés en général à de très courtes durée et les demandes fluctuent fortement selon des périodes de l’année. Il manque aussi la possibilité de prévoir des séjours passagers plus longs, quelques semaines à plusieurs mois, soit pour soulager la famille soit pour entamer en cas de besoin un travail thérapeutique avec la personne en situation de handicap.
Tout en tenant compte de la préoccupation de l’Etat de ne pas faire exploser les budgets, il faudrait adapter certaines règles pour les cas des personnes se trouvant pour une période de moins d’un an, en situation de handicap ou de mobilité réduite. Bien qu’étant passagère, leur situation peut être tout aussi invalidante et compliquée à gérer que celle d’une personne en situation de handicap permanent. Pour éviter les abus, une telle demande pourrait être avisée par un médecin de contrôle.
La règle que ces services n’assurent pas le transport de personne en situation de handicap qui résident de l’autre côté de la frontière peut être considérée comme discriminatoire, étant donné que de plus en plus de personnes se retrouvent à devoir se loger dans les régions frontalières, mais continuent de fréquenter une école au Luxembourg ou y travaillent comme salariés.
Arrivés au Luxembourg, ces mineurs sont confrontés à une absence de repères culturels et familiaux et sont souvent en situation d’isolement. Ils ont vécu des expériences traumatisantes dans leur pays d’origine ainsi que des épreuves souvent douloureuses sur le chemin de l’exil. Ils s’inquiètent pour leur famille, rencontrent des difficultés de communication, ont un statut juridique incertain et sont pris entre deux mondes : leur pays d’origine et la société d’accueil. Ils rêvent de sécurité, de perspectives de formation, de travail et d’une famille heureuse ici et ailleurs.
Ils ont l’espoir constant d’un avenir meilleur. Ils sont des adolescents comme tous les adolescents ici ou ailleurs.
L’ORK incite le gouvernement à réfléchir sur l’instauration d’un statut spécial pour mineurs non-accompagnés, présentant les mêmes garanties juridiques que pour un réfugié politique reconnu.
La loi sur la protection de la Jeunesse devrait être amendée dans le sens qu’elle s’applique aussi aux mineurs non-accompagnés.
Ces derniers devraient également bénéficier des mêmes avantages accordées par l’ONE pour les résidents luxembourgeois, notamment qu’une aide puisse leur être accordée jusqu’à l’âge de 27 ans. En effet, ces mineurs nécessitent plus que les autres de soins spéciaux.
L’ORK souhaite que l’OLAI obtienne plus de moyens pour l’encadrement général de ces mineurs. Il propose de revoir la position du Gouvernement sur les tutelles à titre privée pour des mineurs non-accompagnés. Un encadrement de ces familles d’accueil sur le modèle belge permettrait aux jeunes une meilleure intégration.
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