

L’ORK
L’ORK
Suite aux constats formulés dans le chapitre dédié à l’adoption, l’ORK recommande au législateur :
L’ORK
L’ORK
L’ORK
L’ORK
L’ORK
L’ORK
L’ORK
L’ORK
L’ORK
L’ORK
L’ORK
L’ORK
L’ORK
L’ORK
L’ORK
L’OIM (l’Organisation internationale de la migration) a introduit un nouveau processus, selon lequel des experts vont se déplacer dans les pays d’origine des mineurs non-accompagnés afin de se faire une idée de leur situation familiale pour mieux pouvoir décider ce qui est dans « l’intérêt supérieur de l’enfant » et pour décider si la crainte de persécution est fondée. Il s’agit aussi de rechercher d’autres membres de la famille de l’enfant.
L’ORK félicite le gouvernement de consacrer enfin le principe de l’autodétermination de la personne par l’introduction d’une nouvelle procédure simplifiée de droit commun pour changer l’état civil (en partie). De ce fait, il va aligner la législation nationale sur celle des pays les plus progressistes en matière de suppression de discrimination dont souffrent les personnes trans’ et intersexuées, adultes et
mineures.
Le projet s’inscrit dans un contexte où les discriminations vécues par les personnes transsexuelles, mais aussi intersexuées, sont fréquentes. Pour les limiter, il est crucial que les documents d’identité correspondent à la façon dont se perçoit et se présente la personne. Cela est aussi très important pour les enfants et les jeunes qui doivent pouvoir aller à l’école sans craindre d’être harcelé ou accéder au marché du travail sans risquer de subir des discriminations.
D’après le projet de loi, la procédure administrative deviendra la procédure de droit commun pour la modification de la mention du sexe et des prénoms à l’état civil. Le principe simple et limpide est énoncé à l’article premier. Les articles suivants précisent les règles qui s’appliquent aux mineurs, aux étrangers adultes et mineurs.
Article 1 - Toute personne luxembourgeoise majeure capable qui a la conviction intime et constante de ne pas appartenir au sexe indiqué dans l'acte de naissance peut demander à modifier la mention du sexe et d’un ou de plusieurs prénoms, en adressant une demande motivée au ministre de la justice.
La demande n’est plus conditionnée, ni à des expertises psychiatriques ou des traitements médicaux, ni à une opération chirurgicale ou une stérilisation.
Les parents ou les détenteurs de l’autorité parentale peuvent faire la demande pour leur enfant âgé de 5 ans et plus. Pour les enfants de moins de 5 ans une requête au juge des tutelles est nécessaire. Comme c’est un acte non-usuel qui demande l’accord des deux parents, si les parents ou les détenteurs de l’autorité parentale sont en désaccord, la décision incombe au juge des tutelles.
L’âge de cinq ans est effectivement important puisqu’au seuil de l’entrée scolaire. Il est important pour l’enfant qu’il puisse aller à l’école sans craindre d’être harcelé par ses camarades de classe ou être discriminé par le personnel enseignant ou éducatif.
L’article 15 permet au majeur qui a subi un changement d’identité, de revenir vers son identité d’origine. L’ORK estime que cette possibilité est d’autant plus importante pour des personnes majeures qui ont subi ce premier changement pendant leur minorité. En effet, pendant la minorité d’autres personnes ont pris la décision à la place du mineur, qui n’avaient peut-être pas nécessairement connaissance de sa conviction intime.
L’ORK accueille donc favorablement cette loi qui permet aux personnes tran’s ou intersexes de changer de nom et de mention du sexe en respectant leur droit à l’autodétermination et leur droit à la vie privée.
On peut espérer que tout en facilitant la vie des personnes concernées, l’impact symbolique de cette loi puisse contribuer à la sensibilisation autour des questions de l’identité de genre et amener un changement des mentalités de la société luxembourgeoise. La reconnaissance des droits des personnes est un premier pas dans la bonne direction. Pour faire avancer l’état des connaissances et pour changer les mentalités il faudra sensibiliser le public. Pour mieux protéger les mineurs tran’s ou intersexués il faudra former les enseignants, les éducateurs et d’autres acteurs de terrain.
Quant au corps médical et aux professions de santé, une remise en question, un changement des mentalités et de pratiques s’impose pour éviter, respectivement bannir à l’avenir les interventions chirurgicales et les traitements hormonaux non vitaux d’assignation d’un sexe en l’absence de consentement éclairé du mineur dont sont victimes les enfants intersexués.Notons cependant que les souffrances de ces personnes diffèrent puisqu’il y a souvent confusion sur la conversion sexuelle. Les personnes tran’s sont elles-mêmes, et en pleine conscience, en demande de traitement hormonal, éventuellement d’opération ou de changement de perception sociale de leur genre. Pour les personnes intersexuées par contre, les interventions de conversion sexuelle ont lieu à un stade plus précoce de la vie, à la naissance, avant même que la personne intéressée ait la possibilité de prendre part à la décision. C’est une réalité que les médecins orientent souvent les nourrissons vers un genre ou l’autre afin d’être en conformité avec les valeurs sociétales. Cette orientation passe par une opération chirurgicale que l’enfant ne décide pas. Un corps en bonne santé, sans urgence vitale n’a pas besoin d’être opéré. Ces interventions irrévocables sont vécues par les intéressés comme des tortues, des mutilations.
La prise de conscience des parents et du corps médical ne va pas changer du jour au lendemain, mais ce projet permettra nécessairement à ces personnes, respectivement ces enfants d’obtenir plus facilement des papiers qui leur ressemblent. Il est crucial que les documents d’identité correspondent à la façon dont se perçoit et se présente la personne adulte ou mineure.
L’identification du genre et du sexe fait nécessairement partie de l’identité de l’enfant conformément à l’article 8 de la CIDE.
Un problème pratique qui pourra se poser au cas où un adulte transgenre voyage avec son enfant, car la filiation aura changé. Une solution pourrait être un complément explicatif à la carte d’identité qui pourra être présenté lors de contrôles à l’étranger. Comme un tel document « officiel » complémentaire n’existera pas de sitôt au niveau européen ou international, il devrait émaner des autorités luxembourgeoises, ou à défaut d’une institution reconnue comme par exemple le Centre pour l’égalité du traitement. En Allemagne c’est la Deutsche Gesellschaft für Transidentität und Intersexualität e.V. qui émet un „Ergänzungsausweis“ pour faciliter la vie des personnes tran’s et intersexuées et pour leur éviter des questionnements accablants et des situations humiliantes.
En conclusion, l’ORK salue cette simplification administrative en fondant la procédure « sur la conviction intime et constante de ne pas appartenir au sexe indiqué dans l’acte de naissance ». La décision du ministère n’est plus publiée au Mémorial, mais notifiée à la personne concernée ce qui protège sa vie privée.
Luxembourg, le 9 octobre 2017
Une délégation de fait[1], défendant l’inscription des Droits de l’Enfant dans la nouvelle Constitution fut invitée par la Commission des Institutions et de la Révision constitutionnelle en date du 8 juillet 2016 dans le cadre des auditions publiques.
La Commission parlementaire a proposé un nouveau texte càd a ajouté deux alinéas (en italique) à l’ancien article 38 et en a fait l’article 41. Cet article, contenu dans la section « Des objectifs à valeur constitutionnelle», se lit maintenant ainsi :
« L’Etat veille au droit de toute personne de fonder une famille et au respect de la vie familiale. Il agit dans l’intérêt de l’Enfant.
Chaque enfant a le droit de bénéficier de la protection, des mesures et des soins nécessaires à son bien-être et son développement.
Chaque enfant a le droit d’exprimer son opinion librement sur toute question qui le concerne, en considération de son âge et de son discernement. »
L’ORK est toujours très déçu que les références aux droits de l’Enfant se retrouvent dans la section « Des objectifs à valeur constitutionnelle » et non pas dans la première section « des Droits Fondamentaux ». En effet, ce positionnement relativise fortement l’importance accordée aux droits de l’enfant, voire porte atteinte à une réelle avancée sur ce plan.
La proposition a une vision minimaliste, voir réductionniste des droits de l’enfant comme des droits uniquement de protection.
L’ORK peut cependant se déclarer d’accord avec la formulation des deux nouveaux alinéas. Maintenant le texte fait enfin référence aux trois dimensions de la CIDE, qui sont la protection, la provision et la participation. La dimension relative à la provision n’est cependant toujours pas claire pour les raisons suivantes :
Premièrementla formulation semble se limiter au cercle familial et en plus, la référence à l’Intérêt Supérieur de l’Enfant se limite aux actions de l’Etat au sein du cercle familial.
Or, il est important de souligner que le principe de l’intérêt supérieur de l’enfant a vocation à s’appliquer également en dehors du cercle familial. D’une part, tous les enfants ne se trouvent pas dans un milieu familial ; tel est le cas des enfants placés en foyer, des enfants non accompagnés, des enfants privés de liberté, des enfants hospitalisés, etc. D’autre part, même si un enfant vit dans le milieu familial, il peut être victime d’abus et de négligence, et la famille ne le protège pas toujours. Or, c’est précisément lorsque l’enfant ne bénéficie pas d’un cadre adéquat dans sa famille qu’il a le plus besoin de protection par l’Etat.
Etant donné que l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale pour toute décision concernant un enfant et pas seulement dans un cadre familial, nous recommandons de consacrer l’intérêt supérieur de l’enfant de manière plus étendue et explicite dans un article séparé, précédant l’article sur le droit au respect de la vie familiale.
Par ailleurs, l’alinéa sur le droit de fonder une famille est centré sur le droit des adultes d’avoir une famille, alors que le droit de l’enfant de grandir dans un cadre familial devrait être central et séparé afin de devenir visible.
Deuxièmement,la référence à l’Intérêt supérieur se limite à l’Etat, aux normes juridiques établies par l’Etat.
L’ORK considère que la CIDE s’applique à toutes les actions relatives envers l’enfant. Il n’y a pas uniquement la norme juridique qui règle la vie en société, mais également les coutumes, les habitudes, les valeurs, les mentalités, les pratiques professionnelles. Tous les acteurs, les parents, les structures d’accueil, les écoles, les clubs privés, mais aussi le monde économique et politique doivent se tenir à ce principe sans qu’une norme juridique spécifique le définisse au préalable. L’intérêt supérieur ne doit pas seulement être pris en compte en vue de l’adoption d’une norme juridique, mais surtout aussi dans les pratiques.
L’ORK verrait mieux la référence à l’Intérêt Supérieur de l’Enfant dans la section « Droits fondamentaux ». La formulation suivante se trouve notamment dans la Constitution belge :
« Dans toute décision qui le concerne, l’intérêt de l’enfant est pris en considération de manière primordiale »
Si la référence à l’intérêt supérieur de l’enfant devait rester à la section 4 à l’article 41, l’ORK plaide instamment pour remplacer la formulation réductionniste « Il (L’Etat) agit dans l’intérêt supérieur de l’enfant » par celle proposée ci-dessus.
En effet, cette formulation est reprise directement de l’article 3 de la CIDE : « l’intérêt supérieur de l’Enfant est une considération primordiale dans toutes les actions concernant les enfants » et manque absolument dans la récente proposition.
[1]composée de Charles Schmit, Président de l’ANCES asbl (www.ances.lu) et Président de la CNDE (Coalition nationale des droits de l’enfant asbl (www.kannerrechter.lu), membre de la CCDH, de Sandie Richard ( secrétaire générale de l’Ances), de Diane Meyer (juriste au Centre de Médiation) , d’Elisabeth Ribeiro (secrétaire de l’CNDE et collaboratrice du Centre de Médiation) et de Francoise Gillen, Conseiller de Direction 1ere classe auprès de l’Ombudscomité pour les Droits de l’enfant)
A l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés, l’ORKet Brainiactpublient un rapport sur les mineurs non accompagnés au Grand-Duché.
Cette publication présente des témoignages et des réflexions qui résultent de visites dans trois foyers pour mineurs non accompagnés au Luxembourg. Le système actuel de prise en charge de mineurs non-accompagnés présente des points forts, mais aussi des faiblesses pour lesquelles les auteurs du rapport proposent des pistes d’amélioration.
Cette étude est surtout critique envers certaines dispositions du cadre légal national qui permettent encore la rétention d’enfants migrants ou qui ne prévoient pas la même protection pour tous les mineurs de moins de 18 ans, comme la Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant (CIDE) le voudrait.
Lors des visites dans les trois foyers, les jeunes réfugiés ont exprimé des besoins, comme par exemple l’importance de se sentir respectés, d’être traités comme les autres, et le besoin d’avoir un chez soi où ils peuvent se sentir protégés et écoutés. Recevoir des informations régulières concernant leur demande de protection internationale est aussi une attente forte car l’incertitude prolongée est source d’appréhension et d’inquiétudes.
Les auteurs du rapport plaident pour une approche qui préconise des règles clairement établies, qui donne un sentiment de responsabilité aux jeunes et qui se base sur le respect mutuel, extrêmement important pour ces jeunes qui ont traversé le monde seuls en absence de cadre. Durant leur périple, ils ont dû souvent se comporter comme des adultes par la force des choses mais ils restent des enfants qui rêvent d’avoir une « vie normale ».
Pour répondre à leurs besoins, la nécessité de formations sur mesure pour les éducateurs et autre personnel apparaît comme une évidence. En effet, pour faire face au passé souvent mouvementé et traumatisant des jeunes, l’ensemble du personnel doit y être sensibilisé. Ils doivent pouvoir donner des réponses et des soutiens adéquats, notamment basés sur une compréhension des différences culturelles. Les visites ont montré que des professionnels ont des besoins en formation et en supervision prenant en considération le vécu et les besoins spécifiques des jeunes migrants. Pourtant, de telles initiatives de formations et d’échanges entre les membres du personnel des différents foyers restent à mettre en place.
Les auteurs du rapport sont d’avis qu’il faudrait aussi mettre en place un contrôle externe, régulier et obligatoire dans les foyers hébergeant ces enfants. Il serait souhaitable de donner mandat à l’ORK ou tout autre organisme qualifié dans ce champ d’expertise.
Il ne faut pas oublier le fait que les mineurs non accompagnés qui résident dans les foyers dédiés exclusivement aux jeunes de moins de 18 ans sont privilégiés. La plupart des mineurs migrants non accompagnés vivent encore dans les foyers mixtes, où résident aussi des adultes, et où la situation peut être bien plus dure. Par conséquent, une des premières recommandations des auteurs du rapport est de donner les moyens nécessaires pour que tous les mineurs non accompagnés puissent être logés dans des foyers spécialisés.
Le rapport intégral est disponible sur les sites web de l’ORKet de Brainiact.
Les recommandations 2016 autour de la thématique des enfants à besoins spécifiques :
La loi du 14 mars 1973 portant création d’instituts et de services d’éducation différenciée dispose dans son article 11 alinéa 2 que
« Lorsque l’intérêt de la formation d’un enfant l’exige, le ministre, après avoir entendu la commission médico psycho pédagogique nationale, peut autoriser cet enfant à recevoir l’éducation et les soins appropriés au-delà du terme de la scolarité obligatoire. En ce cas, les dispositions de l’article 8 ci-dessus continuent à être applicables.»
Il faut donc demander une prolongation de la scolarité si les parents ou les enseignants sont d’avis que le jeune en question peut encore progresser et gagner en savoir et en compétences. Mais la loi et la pratique suggèrent que les jeunes fréquentant l’Éducation différenciée, une fois l’âge de 16 ans atteint, n’ont plus rien à attendre d’un apprentissage scolaire. Or c’est souvent des jeunes qui apprennent autrement et à un autre rythme, mais qui seraient en mesure de progresser et de trouver leur épanouissement en continuant un cursus scolaire adapté à leurs capacités et leurs besoins.
Certains parents d’enfants fréquentant un centre de l’Education Différencié pensent que l’aspect éducation à la vie pratique et à l’autonomie prend trop de place au dépend des apprentissages scolaires.
Les aides en classes, qu’elles soient humaines ou techniques doivent être accessibles pour tous les enfants. Pour cela il faut que les parents soient dûment informés.
La question du financement des aides en classes, humaines ou techniques, doit être tranchée en faveur des enfants à besoins spécifiques. Ces aides devraient être alloués directement à l’enfant, indépendamment du fait que l’établissement soit public ou privé, y compris pour les structures périscolaires et les crèches.
Pour prendre en charge des enfants à besoins spécifiques de façon efficiente, l’école peut avoir besoin de compétences et de services spécialisés extérieurs, tout comme ces services peuvent avoir besoin de l’école pour établir leur diagnostic ou pour mettre en place leur prise en charge.
Pour une bonne prise en charge des besoins spécifiques d’un enfant, il est essentiel de faire un constat de ses besoins le plutôt possible, d’avoir un diagnostic qui permette d’adapter les mesures d’aide à l’évolution de la situation de l’enfant. Cela demande des services spécialisés et vu la diversité des services, la volonté et les moyens de se coordonner, de coopérer et d’organiser les relais au passage d’un service à l’autre, d’un palier d’âge à l’autre.
Pour les familles avec un enfant en situation de handicap moteur la question d’un logement adapté est primordiale en ce qui concerne la qualité de vie de tous et la préservation de la santé physique de l’entourage familial.
La question des enfants à besoin spécifiques concerne toute une liste de ministères et d’administrations de l’Etat : Le Ministère de la Famille, le Ministère de l’Education, de l’Enfance et de la Jeunesse, le Ministère de la Santé, le Ministère du Développement durable et des Infrastructures, le Ministère de la Sécurité Sociale, le Ministère du Logement, le Ministère du Travail, le Ministère de l’Egalité des Chances, pour ne nommer que les plus probables. C’est le Ministère de la Famille qui a dans ses attributions la politique pour personnes handicapées : Conseil supérieur des personnes handicapées, les Services d'accueil de jour et/ou de nuit, de formation, d'information, de consultation, de travail, de rééducation, d'aide précoce et d'assistance à domicile pour personnes handicapées, l’Accessibilité, le Service des travailleurs handicapés et les Ateliers protégés.
Le Service des Personnes Handicapés a bien des personnes de contact dans différents ministères ou administrations, mais quand surgissent des cas exceptionnels, il est parfois très compliqué de clarifier les compétences et de se mettre d’accord sur une démarche cohérente. La question cruciale est souvent : Qui a le budget ? Pour garantir une prise en charge dans l’urgence il serait utile d’avoir une plateforme interministérielle, genre taskforce, qui dispose d’un fond de roulement pour pouvoir mettre en place une prise en charge adaptée.
Les personnes en situation de handicap suivent des formations pour les préparer à trouver leur place dans la vie active soit sur le 1er marché de l’emploi, soit dans des ateliers protégés. Il n’existe pas de système de certification reconnu des acquis en connaissances ou en capacités pratiques, ni pour l'éducation différenciée, ni pour les formations proposées dans les instituts ou les ateliers.
La population des ateliers protégés et le nombre d’ateliers n’a cessé d’augmenter ces dernières années. Le nombre des travailleurs trouvant leur place sur le 1er marché du travail est très limité et les ateliers sont plus ou moins saturés. Or pour permettre aux jeunes en formation d’avoir une perspective pour leur vie active, il faut impérativement étendre l’offre des ateliers protégés. Or il semble que si le Ministère de la Famille est prêt à financer les infrastructures, le Ministère du Travail ne suit pas quand il s’agit de financer le personnel encadrant.
Si on veut promouvoir et favoriser l’inclusion il est essentiel que les collaborateurs des services spécialisés puissent se coordonner avec d’autres professionnels et soutenir, informer ou former les enseignants, les personnels des structures périscolaires, les éducateurs des foyers d’accueil ou les familles d’accueil. Or ils n’ont souvent pas les ressources humaines en nombre suffisant. Ils essaient de rendre service, mais la nécessité de travailler en réseau et en partenariat n’est pas vraiment prévue et reconnue dans l’organisation des services et dans leur dotation en personnel. Ainsi les nomenclatures de la CNS et de l’ONE ne prévoient pas assez ce genre de service « indirect » à l’enfant, pourtant essentiel à une prise en charge de qualité.
Les parents d’enfants à besoins spécifiques sont souvent des parents qui ont beaucoup lu, qui ont consulté beaucoup de spécialistes, qui ont une bonne connaissance de la manière de fonctionner de leur enfant. Armés de cette réelle expertise, motivés par le besoin de protéger leur enfant et le souhait de le faire profiter des aides auxquelles il a droit, ces parents ne sont pas toujours bien accueillis par les gens de terrains qui eux se sentent critiqués et confrontés à des revendications injustifiées. Le dialogue entre parents et enseignant n’est pas toujours évident du fait des émotions, du manque de continuité et des malentendus.
Pour les parents il serait souhaitable d’avoir une personne de référence qui accompagne le parcours de leur enfant et qui contribue à assurer une continuité dans la prise en charge de l’enfant. Les enseignants devraient être mieux formés pour établir un contact et un dialogue constructif avec les parents. Pour les situations difficiles ils devraient tout comme les parents pouvoir compter sur une médiation.
D’après les chiffres de l’ONE 131 enfants ou jeunes étaient accueillis au 1er avril 2016 à l’étranger, 75 en placement judiciaire, 55 en accueil volontaire.
La prise en charge pour un enfant à besoins spécifiques ne devrait pas être limitée aux périodes scolaires. L’évolution et le progrès de l’enfant sont interrompus, souvent ils régressent en raison de cette interruption si les parents n’ont pas la possibilité d’assurer une certaine continuité de prise en charge en vue de préserver les progrès et les acquis de l’enfant. L’absence de prise en charge met évidement aussi les parents dans des situations précaires quant à la garde de l’enfant quand ils sont au travail. Ainsi les vacances scolaires, qui devraient normalement donner un peu de répit, sont souvent pour les familles d’un enfant en situation de handicap, des périodes encore plus astreignantes.
Plusieurs prestataires proposent des formules d’hébergement de courte durée. Ces lits de répit ont pour objectif d’accueillir des personnes en situation de handicap pour accorder un peu de relâche à leurs parents ou leur entourage qui pourront souffler ou avoir tout simplement un peu de repos. Ces lits de répit sont cependant trop rares, ils sont réservés en général à de très courtes durée et les demandes fluctuent fortement selon des périodes de l’année. Il manque aussi la possibilité de prévoir des séjours passagers plus longs, quelques semaines à plusieurs mois, soit pour soulager la famille soit pour entamer en cas de besoin un travail thérapeutique avec la personne en situation de handicap.
Tout en tenant compte de la préoccupation de l’Etat de ne pas faire exploser les budgets, il faudrait adapter certaines règles pour les cas des personnes se trouvant pour une période de moins d’un an, en situation de handicap ou de mobilité réduite. Bien qu’étant passagère, leur situation peut être tout aussi invalidante et compliquée à gérer que celle d’une personne en situation de handicap permanent. Pour éviter les abus, une telle demande pourrait être avisée par un médecin de contrôle.
La règle que ces services n’assurent pas le transport de personne en situation de handicap qui résident de l’autre côté de la frontière peut être considérée comme discriminatoire, étant donné que de plus en plus de personnes se retrouvent à devoir se loger dans les régions frontalières, mais continuent de fréquenter une école au Luxembourg ou y travaillent comme salariés.
Arrivés au Luxembourg, ces mineurs sont confrontés à une absence de repères culturels et familiaux et sont souvent en situation d’isolement. Ils ont vécu des expériences traumatisantes dans leur pays d’origine ainsi que des épreuves souvent douloureuses sur le chemin de l’exil. Ils s’inquiètent pour leur famille, rencontrent des difficultés de communication, ont un statut juridique incertain et sont pris entre deux mondes : leur pays d’origine et la société d’accueil. Ils rêvent de sécurité, de perspectives de formation, de travail et d’une famille heureuse ici et ailleurs.
Ils ont l’espoir constant d’un avenir meilleur. Ils sont des adolescents comme tous les adolescents ici ou ailleurs.
L’ORK incite le gouvernement à réfléchir sur l’instauration d’un statut spécial pour mineurs non-accompagnés, présentant les mêmes garanties juridiques que pour un réfugié politique reconnu.
La loi sur la protection de la Jeunesse devrait être amendée dans le sens qu’elle s’applique aussi aux mineurs non-accompagnés.
Ces derniers devraient également bénéficier des mêmes avantages accordées par l’ONE pour les résidents luxembourgeois, notamment qu’une aide puisse leur être accordée jusqu’à l’âge de 27 ans. En effet, ces mineurs nécessitent plus que les autres de soins spéciaux.
L’ORK souhaite que l’OLAI obtienne plus de moyens pour l’encadrement général de ces mineurs. Il propose de revoir la position du Gouvernement sur les tutelles à titre privée pour des mineurs non-accompagnés. Un encadrement de ces familles d’accueil sur le modèle belge permettrait aux jeunes une meilleure intégration.
One of the main missions of the OKaJu/ ORK is to give his legal opinion on draft bills and regulations having an impact on childrens lives and childrens rights.
Here you can find a list of the opinions of the OKaJu/ ORK given since 2002.
(*) Article 3, pt b9 of the Act 2002
N.B. The opinions are only available in French.
N.B. The press releases are only available in French.
Ombudsman fir Kanner a Jugendlecher
Mënscherechtshaus
65, route d’Arlon
L-1140 Luxembourg
Notre nouveau no de téléphone : 28 37 36 35
Semaine de formation,...
concernant le rapport du...